20 civils tués après un bombardement israélien

20 civils tués après un bombardement israélien L’insoutenable à Beït Hanoun

Les Palestiniens sont en deuil. Le président Mahmoud Abbas a décrété un deuil de trois jours dans l’ensemble des territoires palestiniens à la suite du nouveau massacre perpétré par l’armée israélienne à Beït Hanoun, dans le nord de la bande de Ghaza. A leur réveil hier matin, les Palestiniens ont été choqués par les informations venant de cette petite localité de 30 000 habitants où un bombardement de l’artillerie israélienne contre un quartier résidentiel a entraîné la mort de 20 personnes, dont 13 membres de la famille El Aâthamna.

Des sources médicales ont affirmé à El Watan que les différents hôpitaux du nord de la bande de Ghaza ont admis plus de 40 blessés, en majorité des femmes et des enfants dont l’état de certains d’entre eux a été jugé très grave, signalant que 7 enfants et 5 femmes sont parmi les morts. Selon des témoins, 5 obus de mortier ont atteint un bâtiment de 4 étages situé dans la rue Hamad, appartenant à la famille El Aâthamna, ainsi que d’autres maisons dans le secteur. Les 5 obus ont été tirés en l’espace de 15 minutes. Après le premier, il y a eu une pause de quelques minutes durant lesquelles des citoyens ont accouru vers le lieu. Ils ont été surpris par la chute de quatre autres, ce qui a entraîné des morts et des blessés parmi eux. Cette nouvelle agression a été vivement condamnée par le président Mahmoud Abbas qui a déclaré : « Vous (Israéliens) ne voulez pas la paix du tout. Israël détruit les occasions de paix et devra en assumer toutes les conséquences. » Et d’ajouter : « Notre peuple est à bout de patience. Nous devons élever la voix pour demander au monde entier, à l’ONU et à l’Europe, d’examiner ces actes atroces commis par Israël car il faut une réaction mondiale pour l’amener à y mettre fin. » Quant au Premier ministre Ismaïl Haniyeh, après une réunion d’urgence de son cabinet à Ghaza, a annoncé « la suspension » des discussions avec le président Mahmoud Abbas en vue de mettre en place un gouvernement d’union nationale. « La présidence du Conseil des ministres annonce la suspension des discussions en cours relatives à un gouvernement d’union national », a déclaré Haniyeh. « Le gouvernement appelle notre peuple à s’unir face à cette attaque (israélienne) barbare », a-t-il ajouté. Sur la chaîne qatariote Al Jazeera, Ismaïl Haniyeh souligne : « Les Palestiniens sont affligés par ce nouveau massacre perpétré contre les femmes et les enfants. Ce nouveau massacre prouve une nouvelle fois que le but est de faire abdiquer le peuple palestinien et de le pousser à mettre un terme à sa résistance, mais le peuple palestinien a décidé qu’il n’abdiquera pas et qu’il poursuivra sa résistance. » Il a aussi appelé à une réunion d’urgence d’un Sommet arabe et du Conseil de sécurité. Il a aussi souhaité une enquête sur les crimes de guerre israéliens contre le peuple palestinien de la part d’une commission internationale. Il a, par ailleurs, précisé que la suspension des discussions ne signifiait pas « l’abandon du projet » de former un gouvernement d’union. « Nous les suspendons pour que le gouvernement, la présidence, toutes les factions et les médias puissent porter leur attention à ce qui se passe à Beit Hanoune et à Jenine et les massacres qui sont commis sur la terre palestinienne », a-t-il dit. Réagissant à ce drame, des responsables appartenant à plusieurs mouvements palestiniens, dont le Fatah et le Hamas, ont annoncé la reprise prochaine des attentats suicide dans les villes israéliennes. « Nous implorons nos moudjahidine à reprendre les opérations de martyre (attentats suicide) à Tel Aviv, Al Qods, Haïfa, Iaffa et partout ailleurs », a déclaré un porte-parole du Hamas, Nizar Rayan, en s’adressant à des manifestants à Beit Lahya, la localité la plus proche de Beit Hanoune. Le Hamas, principal mouvement islamiste, observait une trêve depuis le début de l’année 2005. Dégâts matériels importants

Un porte-parole du gouvernement palestinien dirigé par le Hamas a, de son côté, affirmé qu’Israël « doit être effacé de la face de la terre ». La réaction populaire à ce nouveau crime palestinien s’est caractérisée par l’arrêt des cours dans toutes les écoles de la bande de Ghaza, ainsi que la sortie spontanée de milliers de citoyens dans les rues des villes de ce territoire dans des manifestations de protestation contre le nouveau massacre israélien. Dans la douleur et la tristesse, des milliers de citoyens de Beit Hanoune et d’autres régions de la bande de Ghaza se sont de nouveau dirigés vers le cimetière de la localité pour inhumer les 20 victimes de cette nouvelle agression israélienne. Au-delà des morts et des blessés qui se comptent par centaines depuis une semaine d’agression contre le nord de la bande de Ghaza, Beit Hanoune a subi de grands dégâts matériels. Beit Hanoune semblait sortir d’un fort tremblement de terre. Des maisons démolies, des routes défoncées, des poteaux électriques au ras du sol, des voitures écrabouillées par les chars israéliens, les terres agricoles dévastées. Hier, tôt le matin aussi, à Yamoune, une localité située à l’ouest de la ville de Jenine, en Cisjordanie occupée, des forces des unités spéciales de l’armée israélienne, déguisées en civils, ont tué 5 Palestiniens, blessé 2 et arrêté 13 autres. Les 5 morts sont 4 membres des brigades des martyrs d’Al Aqsa, la branche armée du Fatah et 1 civil. Au total, dans la seule journée d’hier, 24 Palestiniens, victimes de la machine de guerre israélienne, sont tombés dans un silence arabe et international difficile à expliquer. A quand la fin de cette tragédie ?

Fares Chahine

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