Le Hezbollah consociatif

Le Pacte national de 1943 convenu entre les chefs confessionnels patriotes libanais est de caractère différent de la Loi Administrative Transitionnelle (LAT) soit disant "consociative" imposée aux Irakiens par les forces d’occupation en 2003. Également, les présentes revendications de l’opposition libanaise, pressant pour la formation d’un gouvernement d’unité nationale et/ou des élections anticipées, sont différentes de celles de l’Irak de l’après-invasion. Les revendications libanaises sont en accord avec les lois constitutionnelles existantes, et donc ne sont pas exprimées dans le style "insurgé" ou le style "Sistani" ; l’opposition libanaise n’appelle pas aux armes pour renverser le gouvernement Siniora pro-occidental, pas plus qu’elle n’appelle au vote majoritaire direct dans le but de former un gouvernement transitionnel et d’écrire une nouvelle constitution.

Dans leur lutte politique intérieure, le Hezbollah et ses alliés – le Mouvement Amal (chiite), le Courant Patriotique Libre (chrétien) et les alliés plus petits – ne jouent pas la carte de leurs avantages militaires et démographiques ; ils jouent un jeu démocratique propre. Je cite :



Les Revendications démocratiques du Hezbollah

Par Mohammed Ben Jelloun
Le 29 janvier 2007

En revendiquant un gouvernement d’union nationale et un pouvoir de veto sur les décisions majeures, le Hezbollah et ses alliés s’en tiennent fermement à la lettre consociative (multiconfessionnelle) et l’esprit républicain (patriotique) de la constitution libanaise.

Dans son discours de la prière du vendredi, le premier décembre 2006 coïncidant avec le premier jour de sit-in dans La Protestation anti-gouvernementale libanaise en cours, Cheikh Abd al-Amir Kabalan, le vice président du Conseil chiite du Liban, précisait que les revendications de l’opposition étaient de caractère "consociatif" ; "nous sommes pour la participation consociative et non pas le système des majorités et minorités", dit-il. À la différence de nombreux commentateurs, en effet, le Hezbollah et ses alliés ne contestent pas le système constitutionnel en vigueur au Liban...

[...]

Il ne suffira plus de considérer l’investigation d’un crime particulier comme primant toute autre considération, y compris l’unité nationale, la sécurité nationale, et la reconstruction nationale ; il ne suffira plus de donner la priorité à la chasse des meurtriers encore hypothétiques de l’ancien premier ministre, Rafik Hariri, sur la protection du Liban contre les destructeurs de son infrastructure et les assassins de plus de 1.000 civils libanais – des assassins au-delà de tout doute bien fondé, mais puissamment protégés.

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