Gênes, l’ordre avait été donné de tirer

Le gouvernement de Silvio Berlusconi vient d’admettre que des dispositions répressives exceptionnelles qui ont coûté la vie à un manifestant avaient bien été prises.

Correspondance particulière

D’un jour à l’autre, l’Italie est revenue sur la répression des manifestations au G8 de Gênes l’été dernier. Le centre-gauche et Refondation communiste réclament les démissions du ministre de l’Intérieur, Claudio Scajola (Forza Italia). Les magistrats du parquet génois l’accusent d’avoir caché la vérité sur les consignes qui avaient été données aux forces de l’ordre. Vendredi dernier, Scajola a déclaré qu’il avait " ordonné de tirer en cas de violation du périmètre réservé aux chefs d’Etat, la "zona rossa" interdite ". Après sept mois, le gouvernement de Silvio Berlusconi a admis que des dispositions exceptionnelles sur l’emploi des armes à feu avaient bien été prises. La police, de façon officieuse, dément le ministre.

Les affrontements du 20 et du 21 juillet avaient provoqué la mort d’un manifestant de vingt-trois ans, Carlo Giuliani, tué par un carabinier, 600 personnes avaient été blessées par les forces de police et près de 300 arrêtées. Trois hauts fonctionnaires de police avaient été contraints de quitter leurs postes, et par la suite le parquet a mis en examen au moins une quarantaine de policiers qui ont participé au massacre de l’école Diaz, QG du mouvement antiglobalisation ainsi que six responsables présumés des violences sur les personnes interpellées dans les caserne de Bolzaneto. Rappelons aussi que des centaines de manifestants sont inculpés. L’opposition réclame depuis sept mois l’institution d’une commission parlementaire d’enquête, qui, seule, pourrait éclairer les mystères de l’un des moments les plus sombres de l’histoire républicaine italienne.

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