Un mensonge éhonté, dit-il

Alors ministre délégué à la promotion de l’Egalité des Chances, le sociologue et écrivain Azouz Begag s’est pour la première fois opposé à Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier a parlé de "kärcher" et de "racailles", dénonçant une "sémantique guerrière". Forcément, ce propos tenu par un membre du gouvernement avait fait des remous au sein de la majorité, les partisans du ministre de l’Intérieur ayant alors réclamé la démission du coupable de défaut de solidarité gouvernementale. Pas facile d’être cantonné dans le rôle de "beur de service" - Begag parle même de "bicot de service" - au sein de la droite sarkozifiée, on a ses états d’âme... C’est ainsi par exemple qu’un Mourad Ghazli, pourtant membre de l’UMP, avait imploré en vain Jean-Louis Borloo de "ne pas servir d’alibi social à un candidat communautariste, atlantiste et néo-conservateur ". Il n’y a guère que Rachida Dati qui tienne le coup, même si sa gaffe récemment révélée laisse à penser qu’elle a les nerfs à rude épreuve : oubliant la présence d’une caméra, lorsqu’on lui demande de quoi elle pourrait être ministre, elle plaisante : "de la rénovation urbaine au kärcher". C’est une autre boutade qui a valu à Azouz Begag les foudres du petit Néron, plus colérique et caractériel que jamais : le ministre de l’Egalité des Chances avait fait remarquer à un petit comité deazouz_begag_couv_mouton journalistes qu’il ne s’appelait pas "Azouz Sarkozy", et Libération en avait fait le titre d’un article... Gros coup de sang sarkozien : "Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom… Azouz Sarkozy ! Je vais te montrer, moi, Azouz Sarkozy… Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud ! Connard !", raconte Begag dans le livre qui sortira le 11 avril, Un mouton dans la baignoire. "A chaque fois que j’essaie de placer un mot, il me coupe : "J’en ai rien à foutre de tes explications ! Tu vas faire une dépêche à l’AFP pour t’excuser, sinon je te casse la gueule", aurait explosé le président de l’UMP au téléphone.

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