Galileo, le fiasco

Devant l’incapacité des forces du marché à s’entendre pour mettre en oeuvre le projet Galileo, le futur GPS européen, la commission européenne, en l’occurence ici Jacques Barrot (Commissaire aux Transports), envisage sérieusement, et sans doute contrainte et forcée, une reprise en main de ce projet majeur par les états membres.

Nous avons ici un cas exemplaire d’incompétence caractérisée des institutions européennes, et l’illustration frappante de la médiocrité du personnel politique, incapables de lucidité lorsqu’il s’agit de déployer des infrastructures majeures pour le développement de l’Europe.

Il est toujours étonnant de constater à quel point le personnel politique, ainsi que les technocrates sans mandats électifs des instances européennes, restent aveugles et comme subjugués par l’idéologie néolibérale.

Tous ces gens croient encore et toujours que les seules forces du marché auront raison de tous les obstacles. Ils s’appliquent avec obstination, comme le ferait un élève paresseux et ignare, à promouvoir et suivre aveuglément ce dogme de l’argent-roi. Comme s’il suffisait de lâcher la bride aux intérêts du capital pour qu’assurément il s’applique à créer une société efficace et harmonieuse, pour le bonheur du plus grand nombre.

Cette obstination de l’Europe à vouloir encore imposer la pensée unique de l’argent-roi coûte non seulement très cher en terme de temps perdu, faute d’accords entre les forces du marché (en l’occurence ici, "un consortium composé de grands groupes industriels, le géant de l’aérospatiale EADS, les français Thales et Alcatel-Lucent, le britannique Inmarsat, l’italien Finmeccanica, les espagnols AENA et Hispasat et le duo allemand Deutsche Telekom-German Aerospace Centre"), mais bien plus grave encore, elle offre le spectacle affligeant d’une Europe impuissante, une sorte d’animal mollusque, dépouvu de colonne vertébrale, un organisme flasque aux contours flous, aux frontières indéfiniment croissantes et poreuses.

Cet exemple frappant de l’incompétence en marche ne cessera de nous étonner. Comme s’il fallait pousser les mauvaises recettes jusque dans leurs derniers retranchements, au risque de devenir le dindon de cette farce mortifère que l’on appelle "le marché", au risque d’ériger l’inefficacité et la bêtise en principes de fonctionnement.

Cristobal.

Lire la suite en ligne : >>> L’UE voudrait réattribuer le contrat Galileo aux États (Reuters)