De l’archaïsme en politique

"L’archaïsme, c’est notamment quand la figure du chef, sa volonté, sa folie éclipsent l’esprit, l’aptitude à réfléchir, le sens du discernement du citoyen qui éteint ses inquiétudes et se persuade que le « chef » ne mettra en oeuvre de son programme annoncé que ce qui est « bien » et qu’il laissera tomber ce qui est « mal », que « ces éléments négatifs ne sont ajoutés au discours que pour permettre au chef la conquête du pouvoir, pour qu’il séduise les autres, ces incultes et ces idiots dont il a besoin pour obtenir sa majorité ». C’est ce que pense le citoyen « raisonnable » qu’emporte l’émotionnel et la quête du chef, convaincu qu’il est que l’inculte, le myope, l’idiot, le manipulé, c’est forcément l’Autre…

L’archaïsme, pour un leader, c’est aussi confondre le passé et l’avenir, croire que les rêves d’hier sont les vérités d’aujourd’hui ou de demain, recourir à des concepts et des valeurs qui sont déjà en train de sombrer dans l’Histoire, se soumettre à des pouvoirs déjà éteints, transformer la poursuite de ses rêves d’adolescents en une vaste quête collective, et penser que sa propre imagination limitée est en mesure à elle seule de refléter les aspirations d’une société complexe."

L’avenir très proche nous dira si cet archaïsme politique, qui laisse s’effondrer et abandonne la pensée de la complexité du monde au seul profit du simplisme politique ("travailler plus pour gagner plus", résumé extrême de l’idéologie néolibérale à visée hégémonique et totalisante), est bien le mode opératoire du Président Sarkozy.

Cristobal.

Lire la suite en ligne : >>> La réémergence de l’archaïsme politique en Europe : vers un test français (LEAP 2020)