Monde arabe : De la Diplomatie française en question

Le rôle de la France a toujours été bien apprécié dans le Monde arabe. Mais, la France commence à donner les signes évidents d’un changement stratégique. Sa Diplomatie ,aujourd’hui plus que jamais, suscite le débat. Le jeudi 13 Septembre, Asharq al Awsate(page opinion) se fait l’écho,d’une lecture tardive mais bien naîve de son rapport au monde arabe en faisant dire au discours de Nicolas Sarkozy ce qu’il ne dit pas( voir sur le sujet l’ allocution du Président à l’Occasion de la Conférence des Ambassadeurs 27/8/07). Et Bernard Kouchner,pour sa part, avant de visiter ces lieux(10 au 13 septembre) a retracé les contours de sa politique étrangère pour la région.

En effet,à une question de YEDIOT AHRONOTH, 7 septembre 2007, sur la politique arabe de la France et de savoir si cette politique existe toujours ,B.Kouchner répond qu’il espère qu’elle ne sera pas la même. Dans cette interview qui opère un revirement dans la vision française du Proche Orient ,le ministre des affaires Etrangères affirme que les relations de la France avec Israël sont fraternelles mais qu’elles pourraient seulement l’être avec le monde arabe.

Pour ce qui est du changement de perspective concernant le traitement des questions relatives à cette zone de conflits,il faut noter que le Président de la République lors de son discours aux Ambassadeurs,notamment, ne parle,que je sache, à aucun moment d’une chose qui s’appelle la Ligue arabe. Cela est significatif au moment où il passe en revue les autres instances de la concertation politique internationale. Certes,la ligue a besoin d’un rénovation radicale si elle veut être plus efficace,plus crédible et,donc ,plus utile ; mais peut –on l’ignorer de la manière ?

Plus,dans cette allocution, N. Sarkozy procède à opposer l’inopposable. L’Islam qui est une religion ne peut s’opposer à une aire géographique comme l’Occident…C’est ajouter à la confusion générale un mode référentiel plus déroutant. Puisque, dans un sens, au dialogue des Religions on ne peut substituer le dialogue des Etats et la diabolisation déguisée de l’islam ne peut servir,en aucun cas, les intérêts de la France. La levée de l’ambiguïté sur les concepts est une condition nécessaire si l’on veut avancer dans le processus de Paix au Proche Orient.

Et la Paix à ce niveau est un processus global. Penser que le seul traitement bilatéral(ou unilatéral,le retrait du Liban) est en mesure de nous aider à avancer est,à notre avis, une erreur.

Enfin, il est certain que jouer la carte de la neutralité objective peut mieux servir les frères et s’assurer la fidélité des amis...au statut de frères potentiels.

Kinini Abdellatif

Lire la suite en ligne : >>> voir également le Monde du Mercredi 12/11/07 ou www.lemonde.fr( Chronique et article de Paul Giacobbi )