Allez donc à Ghaza

par Aissa Hirèche Tout est là pour montrer et même exagérer ce qui se passe en Iran. Rien ne doit être loupé. Les manifestants, les cris, les flammes, les motos brûlées, les édifices saccagés, les heurts entre manifestants et policiers... bref, tous les ingrédients à une bonne mise en scène à l’américaine sont là. Que veulent-ils par là ?

S’ils veulent simplement informer, cette information a dépassé toutes les normes. Elle est devenue, comme nous en ont habitués certains médias, une guerre plus qu’une information et rien, absolument rien, ne justifie pourquoi des chaînes en font leur info préférée, du matin au... matin.

S’ils veulent s’inscrire en défenseur des démocraties (il faut utiliser le pluriel pour bien marquer la différence qui n’a jamais aussi fortement existé), et comme l’ont si bien signalé d’autres, il fallait faire la même chose lorsque la démocratie fut piétinée à Nouakchott. Il fallait crier au scandale, oeuvrer pour un blocus, militer pour sauvegarder les restes d’une démocratie en panne parce que, et c’est ce qu’ignorent ou font semblant d’ignorer les Occidentaux, à chaque fois qu’une démocratie est violée ou violentée quelque part dans le monde, c’est leur propre régime, leur manière de voir, leurs idéaux, leurs repères qui sont frappés. Il ne fallait surtout pas se taire au moment du putsch de Mauritanie pour venir aujourd’hui faire la pleureuse au chevet de la démocratie.

S’ils veulent manifester leur soutien aux droits de l’homme à Téhéran, disons simplement que ce qui se passe à Téhéran ne veut rien dire sur ce plan-là. Du moins pas devant ce qu’est en train de vivre le peuple palestinien à Ghaza où les aides humanitaires n’entrent que selon le bon vouloir des bourreaux israéliens. Ni ciment, ni bois, ni autres matériaux de construction ne sont tolérés aux passages qui demeurent fermés à une longue liste de produits si nécessaires pourtant. De quels droits de l’homme peut-on parler à Téhéran lorsqu’on tourne le dos à Ghaza ?

Parce que les droits de l’homme sont indivisibles, universels et indifférents aux races, aux rites, aux endroits, aux religions... il est déplacé qu’on justifie la campagne médiatique qui se focalise sur l’Iran par les droits de l’homme alors que, à Ghaza, on se tait, on ne dit rien sur ce que font les Israéliens et... certains Arabes.

Que Ahmadinejad remporte les présidentielles ou quelqu’un d’autre, cela ne peut être ni un problème de démocratie, ni un problème de droits de l’homme. C’est tout juste une information à donner avant de repartir pour... Ghaza où des innocents continuent de souffrir du silence de la communauté internationale plus que des Israéliens eux-mêmes.

Lire la suite en ligne : >>> Le Quotidien d’Oran

1 commentaire
  • Allez donc à Ghaza 18 juillet 2009 08:48, par Mc SWEENEY JP

    Les Droits de l’Homme ? Le Droit des Peuples à disposer d’eux même et ... de leur Ressources ??? Quelle mascarade !
    Nous sommes en " DEMOCRACRA " ! ( démocratie bidon sous contrôle médiatique !) Nous ne sommes plus en démocratie depuis un bail ! sous pilotage étroit de la Planète FRIC du Grand Capital Pyramidal Apatride sans Foi ni Lois dont on sait bien qui tient le manche !
    Le génocide Palestinien ??? Gaza la ville sans défense transformée en pâté-de-béton à chaire humaine ! des milliers d’enfants de femmes de vieillards sans compter la jeunesse ! privée de tout ! Mais oui bien sûr ... ! il y a des tirs de roquette et de lance pierre qui frappent là où il n’ya personne ! dans le désert ! qu’on en vient à se demander qui les envoie réellement ces roquettes ! Sûr qu’Israël doit avoir la conscience tranquille ! Mais au fait ? le peuple d’Israël n’est-il pas aussi une DEMOCRACRA sous pilotage ! Nous avançons dans l’irréverssible suicidaire impardonnable qui sous peu va faire exploser la planète !
    Que restera-t-il après ?
    Content de n’avoir pas 20 ans !