après la lune... la terre

« Et maintenant donnez-nous la Terre ». Bien peu entendirent cette invitation trop discrète que Neil Armstrong aurait formulé pour l’humanité en reposant son pied sur sa terre qu’il avait vu de si loin. Une terre où, s’agissant d’humanité, tant restait à faire.

Son pas sur la lune n’était en effet que le point marqué d’un bras de fer d’ici bas, vieux de dix ans et qui, vingt ans plus tard, devait nous conduire à cet autre rêve entrevu d’une humanité réconciliée sur les restes d’un mur.

La terre redevenue ronde donnait quartier libre à l’économie libérale, spéculative et mensongère, pour aboutir à l’ordre mondial actuel. Un ordre digne du moyen âge où quelques états puissants prétendraient détenir les clés d’un monde meilleur.

En dépit de nos connaissances et performances accumulées, l’humanité n’en est qu’à ses balbutiements. Ni bon, ni mauvais, l’homme est ambigu, partagé depuis toujours entre ses aspirations individuelles et l’intérêt général. Une équation partie des premières préoccupations pour intégrer peu à peu les secondes. Individus d’abord, puis clans, villages, villes, régions, nations… aujourd’hui nous touchons au stade ultime, celui de la planète. Plus question de frontières, il faut vivre ensemble. Plus de droit à l’erreur. Nous sommes au pied du mur et les choses vont à une allure telle et sont d’une telle complexité qu’il est impossible que quelques-uns puissent imaginer et bâtir le monde meilleur pour les autres.

Comment seulement l’imaginer et lui donner cours. Si nous devenons plus raisonnables, ce ne sera sans doute pas parce que certains l’auront voulu, mais plutôt parce que les circonstances nous y auront obligé… mais à quel prix…

La question est alors de savoir ce que pourraient être ces circonstances… à l’instar de ces technologies nouvelles qui étonnent, inquiètent, bouleversent l’ordre établit, posant comme jamais l’équation planétaire ultime.

Et si pour une fois, le progrès avait la recette du monde meilleur… qu’il suffirait de comprendre les conditions de son émergence…et de provoquer celles-ci.

Pour s’en persuader, et en prendre conscience, faisons donc le chemin inverse, nous interrogeant quel serait l’humanité aujourd’hui si depuis toujours nous avions été dotés des facilités actuelles de communication et d’échange ? Aurions nous développé les mêmes réflexes de méfiance, de concurrence, d’information confisquée… ou au contraire serions nous plus confiants, coopératifs, transparents, agissant au grand jour… Une réflexion utopique, certes, mais indispensable pour pouvoir découvrir le bon usage des technologies et au-delà de celle-ci la société de l’information, pour composer avec les conditions de vitesse, de complexité, pour permettre à chacun d’apporter sa parcelle de bon sens, enclencher à chaque fois les choix jugés les meilleurs par tous.

Ainsi, à condition que tous en ait conscience, le nouveau contexte des technologies suggère un autre libéralisme - celui de tous, fondé sur le rôle fédérateur des réseaux et le nouveau statut de l’information. Une information « libre et facile » capable de libérer et organiser le maximum des forces en présence, redonnant ainsi vigueur à l’intérêt général pour le plus juste et le plus durable.

Un monde meilleur malgré nous ! Une bonne surprise en somme qu’il resterait à faire vivre en créant les circonstances de son émergence. Ces conditions sont celles d’un Laboratoire Ouvert à tous, pour permettre à chacun de prendre conscience et peser de sa parcelle de bon sens et de bon vouloir. Un laboratoire à inventer et que nous suggère l’histoire récente des mêmes technologies – celle du logiciel libre, triomphe de la confiance sur la méfiance, de la coopération créative sur la concurrence.

Un laboratoire qui en même temps, devra aussi permettre d’entretenir les questions pertinentes, dépassant notamment le stade par trop réducteur du marché des technologies pour, à partir des nouvelles hypothèses déjà évoquées de vitesse, de complexité, de dimension mondiale, envisager les règles à découvrir de la société de l’information. Une société dont les marchés ne seraient qu’une conséquence et l’économie un moyen.

…. Le Laboratoire du nouveau contrat social planétaire, remis cette fois à l’endroit. Celui du progrès au service de l’humanité

Yves Gicquel ( http://e.citoyen.free.fr )

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