Les députés UMP taxent les banques à l’insu de leur plein gré

En 2008, les trois banques majeures affichaient, à elles seules, un bénéfice total de 7,2 milliards d’euros.

Taxer les bénéfices de celles-ci, comme ceux des autres établissements financiers, d’une part additionnelle de 10%, dans le cadre de l’impôt sur les sociétés, aurait permis au gouvernement de bénéficier d’environ 1,5 milliards d’euros supplémentaires, selon les estimations données par Didier Migaud, député socialiste.

Certains pourraient penser que les bénéfices 2009 ne seront peut-être pas à ce niveau, ce qui diminuerait d’autant la taxe additionnelle envisagée. Cependant, les informations parvenant à la presse laissent penser qu’ils seront encore très conséquents, à peine inférieurs de 7% à ceux de 2008.

Le budget du logement social prévu pour 2009 était de 546 millions d’euros. Affecter une partie des sommes récoltées aurait permis de doubler ce budget.

Malgré cet effort qui aurait changé la vie de dizaines de milliers de français, il serait tout de même resté près d’1 milliard d’euros pour les centres d’hébergement, les retraites les plus modestes, les aides aux chômeurs et diverses autres urgences. La liste des problèmes exigeant un effort nécessaire et urgent de l’Etat étant, aujourd’hui, relativement longue.

Ce ne sont pas les 32,3 % des ménages français qui ne peuvent se payer une semaine de vacances dans l’année, les 10 % qui n’ont pas les moyens de recevoir des amis ou de la famille, les 20,2 % qui jugent leur logement bruyant, les 7,2% qui n’ont pas les moyens de s’offrir plus d’une paire de chaussures, les 22 % des ménages les plus pauvres qui n’ont pas de couverture complémentaire, ni les 15% salariés travaillant encore à la chaîne ou sous la contrainte du déplacement automatique d’une pièce, dans notre beau pays, en 2009, qui me contrediront. [1]

Mais les députés UMP ont jugé majoritairement qu’il fallait au contraire déplorer l’erreur du député Lamour et se dépêcher de laisser les banques tranquilles.

Ainsi nos chères banques pourront tranquillement continuer à engranger de faramineux bénéfices, leurs dirigeants s’octroyer des rémunérations insupportables et leurs meilleurs traders des bonus inouïs, en s’exonérant de toute contribution à la solidarité.

2 commentaires
  • Les banques ne comptent pas que des dirigeants et des traders en leur sein ! Cette taxe n’aurait pas amputé les rémunérations des dirigeants, pas plus que les bonus des traders mais aurait bloqué les "augmentations" et les "primes" des milliers de salariés dont certains font partie des [32,3 % des ménages français qui ne peuvent se payer une semaine de vacances dans l’année, les 10 % qui n’ont pas les moyens de recevoir des amis ou de la famille, les 20,2 % qui jugent leur logement bruyant, les 7,2% qui n’ont pas les moyens de s’offrir plus d’une paire de chaussures, les 22 % des ménages les plus pauvres qui n’ont pas de couverture complémentaire, ni les 15% salariés travaillant encore à la chaîne ou sous la contrainte du déplacement automatique d’une pièce, dans notre beau pays].

    • Sauf si l’Etat avait fait son boulot en devenant actionnaires de ces banques en dérive, pour imposer des mesures contrant les possibles rétorsions. Sauf si les syndicats mobilisaient les salariés contre ces possibles contre-mesures patronales. Ce qui paraît légitime et largement possible, pour peu que l’Etat le veuille, et que les leaders syndicaux mouillent la chemise pour lutter contre les directions cherchant à maintenir leurs royales rémunérations.

      Ton raisonnement revient à valider l’impunité bancaire, de la même manière qu’on nous adjure de ne pas toucher les patrons qui licencient au prétexte qu’ils pourraient délocaliser. Je le comprends, mais il est biaisé.

      Il arrive un moment où l’Etat, pour l’intérêt de tous, doit agir, d’autant qu’il a les moyens de coordonner différentes actions qui préviendront les oppositions possibles (patronales en l’occurence) à sa défense de l’intérêt général. L’Etat, en la personne des députés UMP, choisit de ne pas agir, voilà le scandale.