Hamida Ben Sadia

Nous apprenons avec une immense tristesse la mort d’Hamida Ben Sadia, que nous avons eu la chance de rencontrer et de côtoyer depuis la lutte contre la loi anti-foulard de 2004. Le texte qui suit lui rend hommage.

Lorsqu’elle prenait la parole, lors des nombreux meetings et manifestations qui ont rythmé sa vie politique, que ce soit, dernièrement, contre la loi anti-voile, contre le Traité européen, contre la répression des émeutiers de 2005 ou pour les sans-papiers, Hamida Ben Sadia en appelait souvent au « peuple de France, épris de justice et de liberté ». Nous étions nombreu-se-s autour d’elle à n’avoir pas ce vocabulaire et à être plutôt de celles et ceux qu’il fait ricaner, tant ces mots ont servi à justifier le pire : orgueil national, morgue franco-française, mépris du reste du monde, mythification d’une république bourgeoise, patriarcale et coloniale, et pourtant pas un de nous ne ricanait quand Hamida les prononçait. Les plus fatigué-e-s d’entre nous souriaient mais personne ne se formalisait, car tout le monde savait qu’il s’agissait chez elle de tout autre chose.

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