Lorient (56). Des faucheurs volontaires empêchent un cargo de soja OGM de décharger

21 novembre 2009 à 10h09

Samedi matin, à Lorient (56), une centaine de faucheurs volontaires d’OGM a bloqué le déchargement d’une cargaison de soja génétiquement modifié. Le collectif réclame une meilleure traçabilité.

Ils avaient tenu leur action secrète. Seuls quelques-uns étaient dans la confidence. Samedi matin, à 7 h 30, une petite centaine de faucheurs volontaires d’OGM, venus de toute la France, a déboulé sur le port de commerce de Lorient. Leur objectif : interrompre le déchargement de 46.500 tonnes de soja OGM arrivés à bord de l’Ariso, cargo battant pavillon panaméen en provenance du Paraguay.

Ne pas mentir aux consommateurs

À peine déployé sur le site, un petit groupe a pris d’assaut le bateau pour aller déverser sur le soja un colorant naturel, du brou de noix et ainsi assurer sa traçabilité jusqu’à sa transformation. Un geste symbolique mais qui, à lui seul, résume bien ce que les faucheurs volontaires pointent du doigt.

"On demande la transparence dans la chaîne alimentaire. On réclame une meilleure traçabilité du champ à l’assiette", explique Étienne Raphaël, l’un des portes parole. L’Europe impose bien un étiquetage pour tous les produits contenant un ingrédient végétal avec plus de 0,9 % d’OGM mais cette réglementation ne s’applique pas aux produits, comme le lait, la viande ou les œufs, issus d’animaux ayant consommé des OGM.

"Surtout, explique Julian Pondaven, du réseau Cohérence, 99 % des OGM sont résistants aux herbicides ou bien produisent eux-mêmes un insecticide que sécrète en permanence la plante. Ainsi, tous les jours, des aliments transgéniques avec leurs résidus de pesticides entrent dans la ration des animaux qui finiront dans l’assiette des consommateurs". "La moindre des choses, c’est d’être honnête avec les consommateurs et leur donner le choix. On ne peut pas se permettre de mentir aux gens", martèle Étienne Raphaël.

Alors que le déchargement a été très vite stoppé, les faucheurs volontaires ont réclamé d’être reçus à la Direction générale de l’alimentation (DGAL), à Paris. En fin de matinée, ils ont obtenu gain de cause. La directrice de la DGAL devrait les recevoir à Paris, vendredi prochain, ou le lundi suivant.

Jusqu’à l’hypermarché

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