120 milliards balancés à la benne

Les citoyens de l’UE viennent de sortir de leur poche 120 milliards, censés aider le peuple grec en voie d’être ruiné.

Une décision, qui engage des sommes et une vision de la crise que nous tous aurions aimé discuter. Mais l’UE a tranché, dans le secret partagé par les personnes dûment autorisées à s’autoriser.

Deux ordres de réactions viennent à l’esprit, devant ces autoritaires distributions, articulées sur la conscience que cette becquée au marchés financiers ne les rassasierait pas, comme la crise n’a pas empêché les banques de recommencer à mettre le feu partout, une fois renflouées.

Plan social et moral.

Faudra-t-il longtemps encore voir dilapidé des montagnes d’argent français, alors que notre pays compte plus de huit millions de pauvres, deux millions d’enfants sous le seuil de pauvreté, une croissance exponentielle des dossiers de surendettement et du nombre de repas servis aux restaux du coeur, sans parler des centaines de milliers de chômeurs qui ne touchent strictement rien, aujourd’hui ?...

Faudra-t-il encore longtemps subir les fabulettes de Lagarde, de Woerth, et Strauss-Khan le socialisse, et autres, depuis leurs palais dorés privilèges compris, qui nous prennent strictement pour des innocents à qui il est toujours bon de mentir avant nouvelle tonte ?

Ces 120 milliards bazardés en grande pompe vont gaver les marchés financiers, tout le monde le voit, tout le monde lse sait. Depuis le début de la crise ils ont amené la Grèce à payer des sommes folles pour qu’ils acceptent enfin de lui faire crédit, à des taux d’étrangleurs.

Sauf les gouvernants UE et FMI.

Plan financier

Les Bourses plongent aujourd’hui. De leur côté elles font signe à nos gouvernants que même elles qui devraient être satisfaites de voir des élus du peuple si bien les servir, eh bien non, désolé, c’est pas assez. Pourquoi ?

D’une part les dépeceurs ont largement fait le plein des titres de l’Etat grec. D’autre part, les mêmes, les investisseurs institutionnels (banques, assurances, gros particuliers, fonds de pensions) veulent ainsi montrer que, de leur point de vue, les assurances ne sont pas données par les Etats comme quoi cet argent sera versé intégralement et qu’il voudra toujours quelque chose quand viendra l’heure de passer à la caisse. Ce qui n’est pas gagné, dans la débacle planétaire initiée par le commencement de la fin pour l’Empire et ses réactions, violentes et déstabilisatrices, même pour ceux qui sont tout près du Paradis, comme les spéculateurs financiers.

Enfin, et peut-être surtout, les marchés financiers veulent une UE au pied.

On ne peut pas dire que celle-ci fasse preuve d’une immense indépendance citoyenne devant tout ce qui est commerce, lobbies patronaux et think-tanks ultra-libéraux, mais, aux yeux des marchés qu’il subsiste d’autres acteurs réclamants et obtenant parfois les subsides de l’Etat, c’est tout à fait inconcevable.

Tous les Etats, de concert, doivent donc crier haro de toutes leurs forces sur la dette publique, raser les restes de services publics, partout, et se payer sur les salaires fonctionnaires et les retraites, tout en rognant encore, via Medef locaux, sur les salaires du privé.

L’UE, bonne fille, doit ausi et plus diligemment s’occuper des créances pourries qui infectent le corps des banques (le Crédit Agricole en aurait plus de 200 milliards).

Bref, l’UE doit faire le maximum et pas moins, ou petit bras. Sa mission, de toute éternité définie par ceux qui se sont, après délibération des conseils d’administrations, donnés l’autorisation de s’autoriser, sera d’offrir toute liberté et toute prééminence à la main invisible et parfaite du marché. Voilà ce qu’attendent les Bourses dans le satellite Marché, à 15000 années-lumière de la Terre.

De si loin, on ne voit plus le réel, surtout si on ne le souhaite pas. Difficile pour un spéculateur endurci, un banquier rompu à toutes les manipulations, d’accepter la vérité.

La main invisible sucre les fraises et sabre nos sociétés. Elle n’arrète pas de se planter depuis bientôt 15 ans et sept bulles qui ont fait perdre, naturellement des milliers de milliards. Un peu aux Marchés, beaucoup aux Etats.

Cette indéniable évidence n’a pas non plus percé les casques su les casques de brousse de ceux qui ont autorisé une nouvelle saignée de 120 milliards.

Pas plus que la folie de laisser cette même main libre d’aller reconstituer de nouvelles bulles. Pas plus que les halluciantes réussites sociales qu’elle obtient sans cesse. En Grèce aujourd’hui, en Argentine hier, en Asie avant-hier, en Espagne demain, en France bientôt.