Haïti : élections illégales sous occupation

Le 28 novembre prochain, alors qu’ils sont en pleine crise sanitaire et que plus d’un million d’entre eux vivent toujours sous des tentes dans des conditions inhumaines, les Haïtiens devront aller voter pour un nouveau président. Si le choix de tenir des élections dans ces conditions est discutable, l’exclusion illégale du parti le plus populaire du pays, Fanmi Lavalas (FL), est inacceptable et antidémocratique. Pourtant, dans les grands médias, ce n’est pas l’illégalité des élections qui a fait la une, mais plutôt les manifestations contre la force d’occupation de l’ONU, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

« Ils n’ont pas l’intention d’avoir des élections libres, justes et démocratiques. Ils prévoient d’avoir une sélection. Ils ont exclu le parti Lavalas qui est le parti de la majorité. C’est comme si aux États-Unis on pourrait organiser une élection sans les démocrates [1]. » Jean-Bertrand Aristide, l’ancien président d’Haïti chassé par un coup d’État orchestré par les États-Unis, la France et le Canada en 2004, n’est pas tendre à l’endroit du Conseil électoral provisoire (CEP), chargé d’organiser les élections.

Le CEP, largement financé par des dons étrangers, a exclu le parti de Jean-Bertrand Aristide des élections de 2009 et de celles qui auront lieu dimanche prochain, sous des prétextes fort douteux .

D’abord, lors des élections d’avril et juin 2009, l’organisme a disqualifié FL parce que deux listes distinctes de candidats ont été présentées. Alors que la représentante nommée par Aristide, Maryse Narcisse, avait déjà soumis une liste de candidats, le CEP a autorisé Yves Cristallin à en soumettre une deuxième après la date limite.

FL a été disqualifié en raison de l’existence de ces deux listes. M. Cristallin s’est par la suite joint à l’équipe du président Préval, a été nommé ministre des Affaires sociales et est maintenant candidat présidentiel sous la bannière LAVNI.

FL a contesté en cour la décision du CEP. FL a gagné. Le CEP a ignoré la décision du tribunal et n’a pas permis à FL de participer aux élections.

« Le CEP a permis à quelqu’un qui n’avait aucune autorité pour représenter Fanmi Lavalas d’inscrire des candidats additionnels alors que la période d’inscription était terminée et a tenté de blâmer Lavalas pour ces candidats additionnels », explique Mme Narcisse dans une entrevue.

Pour les élections du 28 novembre, un scénario d’une absurdité comparable allait se reproduire. Pour valider l’enregistrement .../...

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