Dans la vallée de l’Oronte : Où en est l’agression contre la Syrie ?

Témoignage
par Marie-Ange Patrizio

Je reprends mon récit à partir de ce que j’ai entendu cette semaine sur la Syrie dans nos media, et en particulier sur Homs. « Images volées qui mettent en danger la vie de ceux qui font ces images », « au-delà (sic) de la barbarie » (? !). « D’abord qu’est-ce qui reste de la ville ? On a des images de l’Égypte, mais de la Syrie rien ou presque rien » (1). Et pas grand-chose de plus après ces émissions et reportages.

J’illustrerai mon récit, aujourd’hui et plus tard, par quelques photos, faites à visages découverts : le mien et ceux des gens que j’ai photographiés avec leur permission ou à leur demande. Je mettrai tout au long de mon récit les dates, noms des lieux et des gens rencontrés. Au point de sauvagerie irrationnelle où en est l’agression contre la Syrie, tous ces témoins savent que rien ne peut les protéger contre les agresseurs : ils demandent qu’au moins on dise ce qui leur arrive.

J’appelle escadrons de la mort, sur la base des informations que nous avons tous entendus (voir reportages de nos collègues journalistes belges non suspects de complicité idéologique avec le régime (2)), les groupes d’assaillants arrivant d’au-delà des frontières, armés parfois de façon très sophistiquée et coûteuse, nécessitant donc un entraînement militaire dans des camps (Liban ? Turquie) et embauchant sur place des Syriens appâtés par le gain : « délinquants de droit commun », « drogués », « malades mentaux », « faibles d’esprit ». Tarifs rapportés par certains interlocuteurs : 100 dollars pour une manifestation « pacifique » contre le gouvernement, 400 dollars pour le coup de feu (et atrocités qui vont avec) : équivalent du salaire syrien mensuel moyen. Qui paye ? Qui entraîne ? Qui commande ?

Des réponses seront proposées par les gens rencontrés : pas par des anonymes, et pas, comme disent D. Pujadas et Martine Laroche-Joubert (3), avec des images « volées » de quelques secondes chacune, « car c’est très difficile, très dangereux » de faire des photos ou des films en Syrie : c’est faux, tous les membres de notre groupe qui peuvent parler librement, c’est-à-dire sans contrôle ou commandes de leurs rédactions, peuvent en témoigner.

Je donnerai aussi tout au long de ce récit des détails qui vous paraîtront peut-être inutiles et/ou incongrus mais qui montreront justement dans quelle atmosphère on peut pour le moment faire des photos, parler, enregistrer des passants, et se déplacer même à Homs et dans ses alentours, dans la semaine du 13 au 19 novembre 2011. Quand je ne donnerai pas précisément les noms de lieux et de personnes, c’est que je ne serai pas arrivée à transcrire les mots arabes, et/ou que mon matériel de journaliste très amateur était défaillant ou incomplet. Des cahiers, carnets et crayons font aussi l’affaire mais quand on écrit vite, on a du mal à se relire… Vous pourrez compléter le plus souvent avec les autres textes et travaux d’autres rédacteurs, membres de notre groupe.

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