Ashcroft veut imposer des mesures dictatoriales

Sous couvert de lutte contre le terrorisme international, le ministre
américain de la Justice cherche à s’octroyer des pouvoirs extraordinaires, qui
ne sont pas sans rappeler le processus par lequel le régime nazi parvint à
adopter progressivement des mesures d’exception (Notverordnungen), suite
à l’incendie du Reichstag. Dès janvier 2001, Lyndon LaRouche a mobilisé une
opposition à la nomination d’Ashcroft, avertissant que la nouvelle
administration Bush réagirait aux provocations et aux guerres par des mesures de
« gestion de la crise » et d’urgence.

Dans le cas d’Ashcroft, on peut légitimement faire un parallèle avec les lois
d’urgence nazies dans la mesure où, même s’il ne fait pas partie des
commanditaires du coup d’Etat larvé, il joue leur jeu de la même façon que
certains responsables gouvernementaux allemands contribuèrent en 1933 à la mise
au pouvoir d’Hitler et à l’instauration d’une dictature.

Peu après les attentats du 11 septembre, le ministère de la Justice a préparé
de nouvelles lois anti-terrorisme. Avant même que le débat ne soit ouvert au
Congrès, le DOJ (le Département de Justice) et le FBI avaient déjà outrepassé
les lois existantes en organisant des rafles et l’emprisonnement de centaines de
personnes, d’origine proche-orientale pour la plupart. Voici quelques-unes des
dispositions les plus controversées de la nouvelle législation :

 

  • Elargir le droit du gouvernement à mener des opérations secrètes de
    perquisition et de saisie ;

     

  • Etendre les pouvoirs d’expulsion et de détention du Service d’immigration
    et de naturalisation ;

     

  • Autoriser la saisie du courrier électronique et des messages téléphoniques
    sans mandat de mise sur écoute ;

     

  • Permettre des écoutes nationales pour toutes les communications d’un
    individu donné ;

     

  • Accepter que des informations obtenues sur écoute dans une affaire au
    criminel soient utilisées à des fins de renseignement et, à l’inverse, que les
    informations obtenues par le renseignement soient utilisées dans des procès au
    criminel (ce qui est actuellement interdit) ;

     

  • Permettre l’utilisation dans les tribunaux américains d’informations
    obtenues par écoute de conversations téléphoniques de citoyens américains à
    l’étranger ;

     

  • Rendre tous les crimes de terrorisme passibles de l’emprisonnement à vie ;

     

  • Autoriser le ministre de la Justice à émettre des « citations
    administratives » de documents dans une affaire de terrorisme, sans avoir à
    recourir à un mandat de la Cour ;

     

  • Limiter le droit d’un détenu à faire appel d’un ordre de détention en
    l’obligeant à en faire la demande auprès de la Cour fédérale de Washington.

Le 3 octobre la Commission judiciaire de la Chambre a adopté une version
édulcorée du projet de loi, spécifiant une mise en vigueur de deux ans
seulement, limitant à sept jours la période de détention préventive,
restreignant les autorisations d’écoutes et interdisant l’utilisation d’écoutes
obtenues à l’étranger. Le représentant républicain de Géorgie, Bob Barr, déclare
avoir accepté ce compromis parce que « nous avons pu éliminer ou sérieusement
limiter les atteintes les plus flagrantes aux libertés civiques des Américains,
contenues dans la proposition originale ». Le texte sera soumis cette semaine à
toute la Chambre.

Lire la suite en ligne : >>> Source : Solidarité et Progrès