Promos de la semaine N° 9

Cocktail qui tue

La proportion idéale du vrai cocktail qui tue est de 2/3-1/3. Avec 2863 tués du côté Palestinien et 886 du côté Israélien ce dimanche 7 mars 2004, Israël se dirige vers les ¾-1/4 à partir desquels le goût du public, même Yankee, pourtant friand de massacres, risque de basculer vers l’abstinence, d’autant que l’armée israélienne, via les enfants et leurs mères, hésite de moins en moins à rajouter des ingrédients a priori défendus quoique amplement utilisés par tous les militaires du monde, car descendre un gosse désarmé, une femme en chemise ou encore un vieillard arthritique, c’est beaucoup moins dangereux que de s’en prendre à un sniper, mais, finalement, presque aussi jouissif. Néanmoins, ce zèle meurtrier nous incite à penser que les candidats au martyre ne resteront pas inactifs et qu’ils essaieront en retour de remonter le taux de cadavres israéliens aux alentours de mille, de sorte que le bon dosage de la mort soit respecté … Cynisme ? Non : le vrai cynique manipule un fusil d’assaut et ne comprend rien à l’humour, même noir.

Engagez-vous

Si vous êtes particulièrement fainéant, si vous souhaitez prendre une retraite prématurée tout en vous recasant dans l’Administration ou le gardiennage, si être commandé par des bourrins avinés eux-mêmes dirigés par des dégénérés issus de « bonnes familles » en culottes de peau ne vous dérange pas, si la perspective de massacrer des civils désarmés vous excite, si vous êtes capable de parler de votre honneur avec des trémolos dans la voix tout en arrachant des yeux ou en coupant des doigts, si vous êtes courageux à dix contre un, si vous êtes capable de toutes les infamies pourvu qu’une hiérarchie vous couvre, si vous serrez dans votre livre de prières, car vous avez la foi bien sûr, une photo de Mladic, de Sharon et de Pinochet, si l’AK47 nickelé gravé aux initiales de Ben Laden vous fait rêver, engagez-vous, rengagez-vous, l’armée n’a pas besoin de cervelles, sauf étalées, mais de bras !

L’épicerie au pouvoir (ter)

2000 directeurs de recherche ont démissionné aujourd’hui mardi 9 mars de leurs fonctions administratives (ce qui laisse tout de même supposer qu’ils continueront à percevoir l’essentiel de leurs émoluments). Hé ! les gars (et les filles) ! laissez tomber les éprouvettes ! Vous savez qu’il existe encore des emplois vraiment sérieux ? que la grande distribution embauche ?

NSP

Je vous promets de mettre le feu à la Net press avec des articles incendiaires dès que j’aurais vu le sketch de Dieudonné et le film de Mel Gibson (avant que Cavanna ne devienne globalement un vieux schnock, il signait, dans Charlie Hebdo qu’il avait créé, une rubrique intitulée « j’l’ai pas lu, j’l’ai pas vu, mais j’en ai entendu causer » ; depuis toute la presse lui a piqué le principe, d’ailleurs vieux comme le cancan) ! Pour être honnête, Dieudonné, d’ailleurs plaisant comédien, ne me fait pas tellement marrer (mais j’ai un blocage général avec les comiques estampillés, de Bedos à Bigard), alors ça m’étonnerait que je me bidonne avec ces histoires de Juifs qui usurpent la place due aux Noirs dans le martyrologe officiel (du reste, il est notoire que l’on peut rire de tout, mais pas avec n’importe quel crétin, comme il y en a tant devant leur poste aux heures de grande écoute télévisuelle), quant au beau Mel, souvent bon acteur et naguère réalisateur inspiré d’un flamboyant Braveheart, son credo politico-religieux dans la vraie vie est si consternant que je ne suis pas sûr de me déplacer pour voir de quoi il est capable avec Djizoss ; on recommandera plutôt, sauf aux bigots, pour la forme, car ils ne me lisent pas davantage que je n’écris pour eux, une œuvre qui fit aussi scandale en un temps pas si lointain (1988) que tout le monde a oublié, La dernière tentation du Christ de Martin Scorcese, d’après le déjà sulfureux Christ recrucifié de Nikos Kazantzakis.

Pour en revenir au Gibson, on peut tout de même se demander si le fait qu’il soit distribué en France par Tarek Ben Amar, milliardaire tunisien, n’entrera pas pour un peu dans la publicité négative -on imagine déjà les alertes à la bombe dans les salles projetant le film- que le Bétar ou autres organisations ultras sionistes de ce type feront au moment de la sortie ? Bah ! Tarek rattrapera le coup en produisant une « Vie de Mahomet » pleine de batailles sanglantes et de scènes d’alcôves torrides réalisée par Clint Eastwood. Pas possible ? comment ça, pas possible ? Clint n’est pas d’accord ?

Nette économie

Selon l’Unedic, 265 000 chômeurs ne sont plus indemnisés depuis le 1er janvier par la mal nommée assurance-chômage ; leur reste le érémi ou rien, si leur conjoint a encore la chance d’avoir un job pas trop mal rémunéré. Quoi qu’en pense les médisants, on se sent assez fier d’appartenir à une société qui fait la preuve d’un tel respect de la personne humaine … Dans le même temps, on apprend que le déficit public s’est envolé en 2003 à 4,1% du PIB, alors on se dit, un brin nostalgique, que si les socialistes n’avaient pas été aussi pusillanimes et soucieux, comme l’enfant sage, de ne pas se faire disputer par les milieux d’affaires, ils n’auraient pas hésité à embaucher à tour de bras, quitte à faire exploser ledit déficit un an plus tôt que la droite, qui s’en tamponne si complètement qu’elle compte bien récidiver cette année …

Unedic encore

La mission d’information sur les métiers artistiques de la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale (à lire d’un trait sans reprendre son souffle), par la voix de son président Dominique Paillé (UMP), dénonce « les effets très négatifs du nouveau régime (des intermittents) » via « la circulaire d’application qui va au delà du contenu de l’accord, plongeant de nombreux allocataires dans une situation injuste et désespérante »… On constate avec plaisir qu’il n’y a plus aujourd’hui que les patrons ultralibéraux madelinistes ou les bistrotiers frontistes pour se féliciter du sort fait aux artistes du spectacle. D’ici à ce qu’ils changent d’avis aussi, ne restera plus pour se réjouir du malheur des autres que les éternels jaloux d’autant plus intransigeants avec les prétendus « privilèges » de tel ou tel groupe socio-professionnel qu’ils n’en bénéficient pas eux-mêmes …

Delfe