La leçon espagnole

Plus de onze millions de personnes dans la rue pour manifester contre le terrorisme, quelle leçon !
L’Espagne en danger sait faire bloc, l’Espagne est un peuple courageux, uni et solidaire.

Mais pourquoi, oui, POURQUOI faut-il deux cent morts et plus de mille quatre cent blessés pour que le peuple se réveille ?
Pourquoi sommes-nous tous aussi timorés, naïfs, confiants en nos élus ?
Pourquoi attendre, toujours, que le pire arrive avant d’agir ? Pourquoi faut-il un accident de bus scolaire pour soudain décréter les ceintures de sécurité obligatoires pour les passagers ? Pourquoi faut-il des attentats pour se souvenir que nos soldats ont été, malgré eux, obligés de faire une guerre que nous condamnons ?

Chirac ose parler de démocratie en danger. Mais nous ne sommes pas en démocratie !
Quand près de 90% de la population dit non, et que le gouvernement passe outre, il se parjure !
Alors pourquoi n’y a-t-il pas eu onze millions d’espagnols dans la rue lorsque ce fasciste de Aznar est allé porter son soutien à W. Bush pour faire la guerre en Irak ?
Le terrorisme n’est pas né de rien mais c’est une réponse aux messages que l’Occident envoie au reste du monde. Tant que nos gouvernements se comporteront comme des voyous et mépriseront les peuples et les cultures du Sud, nous en payeront le prix, un prix de plus en plus lourd.
Citoyens, votre arme est double : le bulletin de vote, et la grève générale.

La leçon espagnole doit être la dernière : le peuple est souverain, c’est cela la démocratie, sinon c’est une dictature.
Le peuple espagnol est souverain. Il convenait, monsieur Aznar, de l’écouter. Il convenait aussi, madame le ministre des Affaires étrangères, d’éviter d’offenser encore plus et le peuple et les victimes des attentats, en envoyant, samedi, cet ordre à toutes les chancelleries d’accréditer la thèse de l’ETA alors que tout le monde sait que c’est al-Qaïda ; que ces attentats ne sont ni plus ni moins que des représailles à la participation de l’Espagne à la guerre en Irak.

Peuples des démocraties en danger, des démocraties que l’on vous a volées, désormais, lorsque votre gouvernement veut mener une guerre illégale et injuste, descendez dans la rue jusqu’à ce qu’il se retire, que la paix prévale face à toute autre forme d’action.
Onze millions d’espagnols dans la rue le temps qu’il faut, un jour deux jours trois jours … et Aznar aurait renoncé …

Pour que ces deux cent victimes innocentes de la barbarie politicienne d’élus perfides ne soit pas vaine, soyons vigilants, soyons courageux, osons manifester tous ensemble notre dégoût pour la guerre …

FX