Guerres privées

Il s’agit de la deuxième force militaire d’occupation en Irak, après les troupes US. Les Britanniques ? Non, il s’agit des mercenaires sous contrat privé, ceux que la presse s’évertue à qualifier de « civils ». Comme nous l’avons déjà écrit, les lynchés de Falloujah le 31 mars en étaient. L’événement a déclenché des représailles sanglantes contre la population, plus d’un millier de morts, mais le sort des « vrais » civils est moins médiatisé... Les otages italiens, dont l’un a été froidement abattu, sont aussi des « soldats de fortune », attirés par l’aventure et l’argent. En Irak, les mercenaires seraient environ 20000, peut-être davantage, appartenant à trente-cinq sociétés, transnationales et anglo-saxonnes pour la plupart. La privatisation croissante des conflits armés est l’une des évolutions notables de ces quinze dernières années. Cité par l’agence Reuters, Peter Singer, l’auteur du livre Corporate Warriors, estime que la proportion de « privés » a été multipliée par dix depuis la guerre du Golfe : d’un mercenaire pour cent soldats à un pour dix. Dans le cas irakien, la privatisation présente un certain nombre d’avantages pour le gouvernement de Washington. Le recours à des compagnies de mercenaires permet à la fois de contourner le cadre budgétaire imposé par le Congrès et de limiter l’impact des morts de soldats sur l’opinion publique. Car si l’on sait que quelque 700 GI’s ont perdu la vie en Irak depuis un an, le décompte des pertes mercenaires est inconnu.

Lire la suite en ligne : >>> la suite sur "Le Courrier".

 
 
Les derniers articles