La fonction du thème du métissage dans le discours d’Alain Finkielkraut

La fonction du thème du métissage dans le discours d’Alain Finkielkraut

Par Marc-Antoine Coppo

lundi 4 octobre 2004

Douloureusement confronté à la montée de la réprobation que suscite en Europe la politique israélienne d’écrasement des mouvements de résistance palestiniens, Alain Finkielkraut considère que la perpétuation de l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza ne saurait être à l’origine de l’hostilité grandissante qui se manifeste à l’encontre de l’Etat d’Israël, et de la remise en cause concomitante du sionisme.

Aux yeux du philosophe, la véritable raison (cachée) de cette animosité résiderait en réalité dans le refus obstiné et anachronique du « peuple juif » de se soumettre à l’exhortation qui lui serait faite par des Européens supposés gagnés par l’idéologie post-nationale de devoir « se purifier de sa pureté par le métissage1 ». Ce serait ce refus du métissage, et non l’occupation, qui ferait ainsi des « Juifs qui persistent à se penser comme peuple » (c’est à dire des Juifs sionistes) de véritables parias en butte à l’hostilité de leurs contemporains : « Pour être les contemporains de leur temps, Palestiniens et Israéliens devraient, à l’image des Européens, se mélanger les uns aux autres. Et voilà ces juifs qui veulent rester juifs et former un Etat juif 2 » explique ainsi Alain Finkielkraut.

Et le philosophe de proclamer que « le métissage est la valeur suprême de l’antiracisme contemporain, son maître mot, sa réponse à la préférence nationale et à l’universalisme conquérant (...). Sous le nom de métissage, l’Occidental éclairé s’adonne à toutes les expériences, à toutes les aventures, à toutes les hybridations3 ».

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