Reportage d’Envoyé Spécial : honte et écœurement

Reportage d’Envoyé Spécial : honte et écœurement
Par Nathalie Dollé
vendredi 3 décembre 2004

C’est la honte et l’écœurement de me dire que Mohamed Sifaoui et moi faisons partie du même corps professionnel qui me poussent à réagir après la diffusion du « portrait » de Tariq Ramadan sur France 2.

D’autres se sont étendus sur le personnage, d’autres se sont étendus sur les enjeux, je me contenterai de revenir sur la fabrication de ce fameux « document » et de rester dans le strict domaine de la technique professionnelle. Ce reportage aurait-il été présenté comme un documentaire, une oeuvre d’auteur qu’il aurait pu être dispensé des critères qui font d’un film une « enquête de journaliste ». Le journaliste annonce avoir été témoin à charge dans un procès qui a concerné l’homme dont il fait aujourd’hui le portrait.

Quelle cause justifie ce manque primaire de déontologie ? Pour quel autre personnage aurait-on accepté une telle confusion des rôles ?

J’étais moi-même dans ce procès « témoin à décharge » de Tariq ramadan, il a toujours été évident que je ne ferai pas de film sur lui, ayant bien conscience d’avoir perdu ma « légitimité journalistique »

Y aurait-il une école de journalistes français contre une algérienne ? Des éthiques différentes ? Certainement pas. Aucune information nouvelle, des approximations, des faux rapprochements, des interprétations malveillantes, des citations d’interviewés largement manipulées, la litanie des doubles, triples et quadruples discours qui poursuit Ramadan depuis des années. Rien dans le fond ne justifie l’angle choisi.

Quelle est la légitimité des « spécialistes » et des « consultants » en tous genres qu’on utilise quand le propos arrange ?

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