Marc Veyrat condamné pour avoir essoré sa lingère

Anna était lingère pour le restaurateur Marc Veyrat, l’un des plus célèbres de France. Elle a travaillé plus de soixante heures par semaine, sans toucher le moindre revenu supplémentaire, ni repos compensateur, et sans jamais subir de visite médicale. Lorsqu’elle est devenue trop fatiguée, le cuisinier l’a licenciée. Le tribunal des prud’hommes d’Annecy l’a condamné en 2001 pour licenciement « sans cause réelle et sérieuse ». Puis la chambre sociale de la cour d’appel de Chambéry a ajouté cette année des dommages et intérêts pour les heures supplémentaires et les repos compensateurs. Au total, Marc Veyrat doit payer plus de 250 000 euros. Il s’est pourvu en cassation.

Témoignages. Assise bien droite, dans une robe en tricot, Anna, 65 ans, garde les mains posées devant elle, sur la table. Elle avait 17 ans lorsqu’elle a débuté, à la fin des années 50, dans l’hôtel des parents de Marc Veyrat, à Manigod (Haute-Savoie). Quatre chambres, dix couverts par jour et des casse-croûte pour les ramasseurs de champignons. Anna y faisait la plonge, puis le linge et le service. Elle n’était pas déclarée les premières années, puis payée au minimum. L’époque voulait cela, et Anna aimait Lina Veyrat, la mère, qui faisait tourner la maison. Marc était alors un enfant, qu’elle a vu grandir, avant qu’il ne parte faire son apprentissage. Puis il a ouvert sa première auberge, à quelques centaines de mètres des parents. Lorsque ces derniers ont arrêté, en 1980, elle a rejoint leur fils.

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