Insécurité de la SNCF

ans l’actualité profuse de notre chère vieille SNCF, il fallait lire lundi de conserve ces trois informations concernant respectivement sa branche RER, son gadget iDTGV (1) et la répétitivité des pannes de son système de réservation informatique. A elles trois, elles font un convoi que la locomotive Profit tracte avec vigueur sur les rails chaotiques de la destruction-libéralisation de tous les services publics. Ce convoi est cohérent, fait de causes et d’effets dont se mesurent tous les jours les méfaits qu’on déplorera mieux demain, dans le flux lacrymal d’administratifs et voraces sauriens coupeurs de têtes et d’emplois. Lesquels, naturellement, n’auront pas voulu ça. Bien sûr qu’ils n’auront pas voulu que leurs vigiles massacrent, mardi dernier, du côté de Mitry-Mory, le jeune Abdelkader, sous les yeux prétendument passifs d’agents de la police nationale. Bien sûr qu’ils ne voulaient pas non plus que leurs démagogiques campagnes antifraude ne conduisent les tribunaux à ne condamner à des peines de prison ferme que des chômeurs et des SDF (dont un invalide, à Lyon et à deux mois ferme, en septembre dernier), les uns et les autres sans antécédents judiciaires... Bien sûr qu’en vidant les gares et les trains, ici de leurs guichetiers pour les remplacer par leurs robots qui fonctionnent une fois sur trois (statistique perso), là de leurs contrôleurs pour y installer des « hôtesses » et « stewards », ils n’imaginent pas une seconde contribuer à l’institutionnalisation d’une « insécurité » qu’ils fustigent à tous échos, sans jamais concevoir qu’elle puisse être « sociale » (« social » est un mot qui leur arrache la gueule). Ces gens-là ont pourtant fait des études. Sont censés connaître les effets du chômage et les causes de la délinquance, et itou la parabole de l’oeuf et de la poule. Avec persévérance, ils cassent des oeufs, ils tuent la poule.

(1) Au ou à la publicitaire qui a trouvé ces appellations subtiles d’« ambiance Zen » et « ambiance Zap » (voir Libération de lundi) afin de mieux racketter le client, mes félicitations ricanantes.

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