Beaucoup de bruit... Et « le principe du pays d’origine » demeure

Derrière les « cocoricos » des partisans de la constitution, la directive sur les services reste intacte.

« Il n’y a plus de projet de directive, mais il reste la constitution européenne », exulte François Hollande. Western ? La directive Bolkestein au sol, du sang partout, terrassée par Chirac, par les manifestants venus de toute l’Europe samedi dernier et, peut-être, surtout, par la peur bleue qu’inspire désormais à Bruxelles la perspective crédible d’un « non » lors du référendum français sur le traité constitutionnel européen. Décédée, nous promettent sur les ondes et dans les journaux les apprentis sorciers de la médecine légale communautaire, et déjà enterrée en grande pompe. Seulement voilà : c’est bien du cinéma qu’on nous joue, avec des balles à blanc, et plutôt un film d’horreur qu’un western. On s’en rendra compte quand la directive Bolkestein, étalée à terre, « remise à plat » et « en révision profonde », bougera d’abord le petit doigt, puis une jambe et ainsi de suite, jusqu’à finir par se redresser. Car voilà cette bombe contre le modèle social européen n’est pas vraiment morte - même si l’écrasante majorité des partisans de la constitution veulent le faire croire -, mais morte-vivante : « Nous sommes sûrs que la guerre va se déclencher de nouveau, peut-être après le référendum français si le "oui" gagne », affirmait John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) lors d’une conférence de presse la semaine dernière (lire l’Humanité du 17 mars).

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