Daniel Toscan du Plantier répond à Jean-Marie Messier.

L’exception cultutrelle, c’est la liberté

Comment analysez-vous les propos de Jean-Marie Messier remettant en cause le " modèle français " de financement du cinéma, à savoir ce que l’on appelle communément l’exception culturelle ?

- Daniel Toscan du Plantier. Ce que souligne la déclaration de Jean-Marie Messier, comme la contestation qui l’a suivie, c’est la sorte de vide politique dans lequel nous nous trouvons. Et il faudrait peut-être, au fond, le remercier, dans une période politique intéressante pour la France, d’avoir rouvert un dossier qu’on ne pourra plus refermer d’une pichenette ! Que s’est-il passé, en effet ? Chacun garde en mémoire les trois interventions majeures du pouvoir politique dans le cinéma depuis la Libération : l’après-guerre, où s’était organisé un front de résistance à l’hégémonie américaine, suite aux accords Blum-Byrnes ; le système d’aides sélectives, via les avances sur recettes, mis au point par André Malraux dans les années soixante ; l’action décisive de Jack Lang, au temps du gouvernement Mauroy, en matière de quotas et d’obligations financières pour les chaînes de télévision. Tout cela date - au moins - d’une vingtaine d’années. Depuis, il y a bien eu des ajustements (je pense, par exemple, à l’adaptation du système à Canal +, et c’est là, d’ailleurs, que les choses ont commencé à se tendre), mais je crois que l’ensemble du dispositif existant mérite d’être réexaminé et revivifié : par exemple, que reste-t-il de nécessaire et d’utile dans les principes sur lesquels s’est bâtie l’" exception culturelle " ?

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