Le Monde diplomatique et L’Industrie de l’Holocauste

Par Marc-Antoine Coppo

Universitaire, co-auteur de La Manipulation à la française, Economica, Paris, 2003.

Les journalistes de la presse écrite sont des gens pressés (l’actualité n’attend pas), c’est pourquoi lorsqu’ils font la critique d’un livre, il n’est pas rare qu’ils n’aient lu, en réalité, qu’une infime partie de l’ouvrage qu’ils présentent à leurs lecteurs (en général l’introduction, voire même uniquement la préface). Cette pratique, si elle peut aisément s’expliquer par des contraintes de temps inhérentes à la profession, peut devenir détestable si, comme cela arrive parfois, le journaliste consacre l’essentiel de sa critique à discréditer moralement et intellectuellement l’auteur de l’ouvrage en se basant essentiellement sur des ouï-dires.

La traduction française de l’ouvrage de Norman Finkelstein (1) « L’Industrie de l’Holocauste » est parue début 2001 aux éditions de La Fabrique (2). Elle a fait l’objet, dans les mois qui ont suivi sa sortie en France, de nombreux commentaires, le plus souvent défavorables, dans la presse d’information générale (3). Parmi ces critiques, l’une d’entre-elle a tout particulièrement retenu mon attention : celle du Monde diplomatique, parue en avril 2001 sous le titre « Ambiguïtés », en raison du jugement inhabituellement très sévère porté par ce journal sur le livre qui, à l’époque, m’avait surpris (4). L’an dernier, cette critique a été intégralement reprise (à quelques corrections de détail près) dans le numéro 76 du bimensuel Manière de Voir où elle occupe presque une page entière (5). Cette réédition m’a incité à me replonger dans le livre de Norman Finkelstein, et j’en suis ressorti avec la conviction que l’auteur de l’article (le rédacteur en chef adjoint du Monde diplomatique, Dominique Vidal) a fait de « L’Industrie de l’Holocauste » un compte-rendu malhonnête avec l’intention délibérée d’« assassiner » éditorialement Norman Finkelstein. Cette conviction se fonde sur les éléments suivants :

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