La convention collective du commerce de gros (IDCC 573, brochure 3044) fixe une grille de salaire précise pour l’ensemble des salariés du secteur, du préparateur de commandes au directeur commercial. Entre niveaux, échelons, coefficients et rémunération annuelle des cadres, chaque détail possède un impact direct sur la fiche de paie, les primes et les perspectives d’évolution.
Pour maîtriser réellement cette convention, il faut relier la classification 3044 aux salaires minima, au temps de travail et aux enjeux actuels du commerce de gros : digitalisation, automatisation logistique, exigences ESG. Les chiffres bruts racontent beaucoup de choses… à condition de les interpréter correctement.
| Élément clé | Description | Ce que cela implique pour le salarié |
|---|---|---|
| Durée du travail | Répartition hebdomadaire standard selon la convention commerce de gros | Cadre clair pour l’organisation du temps de travail et le calcul des heures supplémentaires |
| Prime d’ancienneté | Montant progressif en fonction du nombre d’années dans l’entreprise | Augmentation automatique de la rémunération au fil du temps |
| Jours de repos complémentaires | Possibilité de jours supplémentaires liés au rythme de travail | Meilleur équilibre vie pro/vie perso |
| Classification des emplois | Niveaux et coefficients pour positionner chaque salarié dans la grille | Compréhension facilitée des évolutions de carrière |
| Indemnités de déplacement | Règles précises pour les salariés itinérants ou intervenant hors site | Prise en charge des frais engagés dans le cadre professionnel |
Source : Convention Collective Nationale du Commerce de Gros (IDCC 3044) — Avenant salaires en vigueur.
Sommaire
Convention collective commerce de gros 3044 : bases juridiques et périmètre
La convention collective nationale du commerce de gros (IDCC 573 – brochure 3044) encadre les relations de travail dans les entreprises spécialisées dans l’achat, le stockage et la revente de produits à des professionnels. Elle complète le Code du travail en adaptant les règles aux spécificités du commerce interentreprises.
Elle régit notamment la grille de salaire minimale, les classifications professionnelles, les primes, la durée du travail, les congés, les garanties de prévoyance et divers avantages conventionnels. La partie « salaires » s’appuie sur une hiérarchie de niveaux et d’échelons qui conditionne la rémunération de base.
« Les salaires minima conventionnels sont déterminés par niveau et par échelon, sur la base d’un salaire mensuel pour les non-cadres et d’une rémunération annuelle brute pour les cadres. » (extrait type d’accord salarial de branche)
La grille 3044 joue un rôle de plancher : l’employeur ne peut pas descendre en dessous, mais peut bien sûr prévoir des rémunérations plus élevées via des accords d’entreprise, des usages ou un contrat individuel.
Classification 3044 : niveaux, échelons et distinction cadres / non-cadres
La convention collective 3044 structure les emplois en une classification à 10 niveaux, du niveau I au niveau X. Cette architecture traduit la complexité des missions, le degré d’autonomie, les responsabilités managériales et l’expertise technique ou commerciale.
Niveaux I à VI : salariés non-cadres du commerce de gros
Les niveaux I à VI correspondent aux emplois non-cadres. Chaque niveau comprend 3 échelons qui matérialisent l’expérience, la maîtrise du poste et l’ampleur des responsabilités confiées. Les salaires sont exprimés en mensuel brut pour un temps plein de 151,67 heures par mois.
On retrouve dans ces niveaux :
- les fonctions logistiques : préparateurs de commandes, caristes, magasiniers, responsables de quai
- les postes administratifs : assistants ADV, secrétaires, comptables, assistants RH
- les fonctions commerciales sédentaires : télévendeurs, assistants commerciaux, back-office
- les techniciens et agents de maîtrise opérationnels
La montée en niveau traduit en général un élargissement des compétences (gestion de portefeuille clients, suivi de stocks complexes, pilotage d’équipe, supervision de process digitalisés de type WMS ou ERP).
Niveaux VII à X : cadres, managers et experts
Les niveaux VII à X regroupent les cadres du commerce de gros. La convention collective 3044 retient pour eux une rémunération de référence exprimée en salaire brut annuel. La logique change donc complètement par rapport aux non-cadres.
Structure des niveaux cadres :
- Niveaux VII et VIII : 3 échelons chacun, couvrant les cadres de site, responsables de service, chefs de produit, commerciaux grands comptes
- Niveaux IX et X : 2 échelons chacun, correspondant aux directions de filiale, directions commerciales, directions logistiques, directions financières, membres de COMEX dans certaines structures
Les cadres sont souvent soumis à des forfaits jours, à une latitude horaire plus large et à une part variable de rémunération (prime d’objectifs, commissionnement, bonus).
Grille de salaire 3044 : salaires minima par niveau et échelon
La grille salariale suivante synthétise les minima issus des dernières négociations de la branche pour le commerce de gros. Elle distingue clairement les niveaux non-cadres (mensuels) et cadres (annuels).
Salaires minima non-cadres : niveaux I à VI
Les salaires ci-dessous sont des montants bruts mensuels pour 151,67 heures. Ils constituent le socle minimal avant éventuels compléments : primes, ancienneté, 13e mois, intéressement, etc.
| Niveau | Échelon | Coefficient | Salaire mensuel brut (€) |
|---|---|---|---|
| I | 1 | 1,006 | 1 817,10 |
| I | 2 | 1,006 | 1 828,00 |
| I | 3 | 1,006 | 1 838,97 |
| II | 1 | 1,006 | 1 850,00 |
| II | 2 | 1,006 | 1 861,10 |
| II | 3 | 1,006 | 1 872,27 |
| III | 1 | 1,006 | 1 883,50 |
| III | 2 | 1,006 | 1 894,80 |
| III | 3 | 1,006 | 1 906,17 |
| IV | 1 | 1,006 | 1 917,61 |
| IV | 2 | 1,006 | 1 929,12 |
| IV | 3 | 1,006 | 1 940,69 |
| V | 1 | 1,0375 | 1 948,67 |
| V | 2 | 1,0375 | 2 021,75 |
| V | 3 | 1,0375 | 2 097,56 |
| VI | 1 | 1,0375 | 2 176,22 |
| VI | 2 | 1,0375 | 2 257,83 |
| VI | 3 | 1,0375 | 2 342,50 |
Les coefficients reflètent le positionnement relatif des emplois au sein de la grille. Ils servent aussi parfois de base de calcul pour certaines primes indexées sur le salaire de base.
Salaires minima cadres : niveaux VII à X en rémunération annuelle
Pour les cadres, la convention collective commerce de gros 3044 fixe un salaire brut annuel par niveau et échelon. Ces montants n’incluent pas nécessairement les variables, primes ou avantages en nature, qui viennent s’ajouter.
| Niveau | Échelon | Coefficient | Salaire annuel brut (€) |
|---|---|---|---|
| VII | 1 | 1,05 | 29 963,76 |
| VII | 2 | 1,05 | 31 461,94 |
| VII | 3 | 1,1573 | 33 035,04 |
| VIII | 1 | 1,10 | 38 231,45 |
| VIII | 2 | 1,10 | 42 054,60 |
| VIII | 3 | 1,10 | 46 260,06 |
| IX | 1 | 1,10 | 50 886,07 |
| IX | 2 | 1,15 | 55 974,67 |
| X | 1 | 1,20 | 64 370,87 |
| X | 2 | 1,20 | 77 245,05 |
Pour obtenir un ordre de grandeur mensuel, il suffit de diviser ces montants par 12. Ce calcul reste indicatif, car de nombreux cadres du commerce de gros bénéficient d’un 13e mois ou de primes annuelles significatives.
Commerce de gros 3044 : comment déterminer le bon niveau de classification ?
La clé pour appliquer correctement la grille de salaire consiste à classer le poste au bon niveau et au bon échelon. Cette étape repose sur une analyse détaillée des missions confiées, et non uniquement sur l’intitulé du contrat.
Critères usuels de classement
Les partenaires sociaux s’appuient en général sur quatre grands blocs de critères :
- Compétences techniques et commerciales : maîtrise des produits, connaissance des marchés B2B, usage d’outils numériques (ERP, CRM, WMS, TMS, solutions e‑procurement)
- Autonomie et initiative : capacité à organiser son activité, à prioriser, à résoudre les incidents logistiques ou clients sans validation systématique
- Responsabilités : encadrement d’équipe, gestion de budget, engagement contractuel vis-à-vis des clients et fournisseurs, niveau de délégation
- Complexité du périmètre : multi-sites, multi-entrepôts, flux internationaux, intégration e-commerce B2B, gestion de portefeuilles grands comptes
L’échelon vient affiner ce positionnement en intégrant l’expérience, la maîtrise du poste, la capacité à transmettre et à structurer des procédures.
Exemples concrets de positionnement
Quelques illustrations dans un contexte de commerce de gros :
- Un préparateur de commandes débutant opérant sur un entrepôt mécanisé, sous consignes précises, relève typiquement des niveaux I ou II.
- Un assistant ADV expérimenté, gérant de manière autonome les litiges transport et le paramétrage EDI avec les clients, se situe souvent entre les niveaux III et IV.
- Un chef d’équipe logistique encadrant 10 à 20 personnes, pilotant les indicateurs de performance (taux de service, rotation des stocks), s’aligne davantage sur les niveaux V ou VI.
- Un responsable d’agence ou de plateforme régionale, avec autonomie commerciale et gestion P&L, entre dans la sphère des niveaux VII ou VIII.
« Le classement des emplois doit résulter d’une analyse objective des tâches réellement effectuées et des responsabilités exercées, indépendamment du titre attribué. » (principe généralement retenu dans les accords de classification)
Grille de salaire 3044 et comparaison avec d’autres grilles du commerce
De nombreux acteurs du commerce de gros se posent la question de l’alignement entre la convention 3044 et d’autres grilles sectorielles, notamment dans le commerce de gros spécialisé, le négoce technique ou la distribution professionnelle.
Les différences portent sur :
- le niveau des minima d’entrée pour les métiers logistiques et commerciaux
- la progression verticale entre niveaux et échelons
- la place donnée aux primes d’objectifs et aux commissions
- la structure des avantages annexes (13e mois, primes de froid, indemnités de panier, primes d’astreinte)
Pour situer au mieux le commerce de gros par rapport à d’autres activités marchandes, une consultation de la grille de salaire commerce de gros 2026 offre une vision d’évolution temporelle et de positionnement dans l’écosystème marchand.
Impact des tendances du secteur sur la politique salariale
Le commerce de gros traverse une phase de transformation structurante. Cette dynamique influence directement la politique de rémunération et la valorisation de certaines compétences rares.
Digitalisation B2B et data-driven commerce
Les entreprises de gros investissent massivement dans :
- des plateformes e‑commerce B2B intégrées aux ERP
- des CRM avancés pour le suivi des comptes clés
- des outils d’analyse data-driven pour optimiser assortiments, prix et conditions commerciales
Dans ce contexte, les profils capables de combiner expertise produits et maîtrise digitale (data, CRM, automation marketing, EDI) gagnent en valeur sur le marché. Les niveaux de classification les plus élevés sont de plus en plus associés à une forte densité numérique dans les missions.
Automatisation logistique et montée des exigences clients
L’automatisation progresse dans les entrepôts : convoyeurs, voice picking, AGV, WMS avancés. Les postes évoluent vers :
- plus de pilotage de systèmes et de supervision de flux
- davantage de maintenance de premier niveau sur des équipements automatisés
- un renforcement des compétences d’analyse de performance logistique (OTIF, taux de casse, rotation, volumétrie)
La classification 3044, construite par niveaux de responsabilité, valorise logiquement ces missions plus techniques, en particulier autour des niveaux V et VI pour les agents de maîtrise, et des niveaux VII et VIII pour les cadres logistiques.
Exigences ESG et normes de due diligence
Les pressions réglementaires montent sur les sujets :
- ESG (environnement, social, gouvernance)
- traçabilité supply chain
- devoir de vigilance et conformité fournisseurs
De nouvelles fonctions émergent : responsables RSE, coordinateurs conformité, managers QHSE orientés chaîne d’approvisionnement. Ces postes se positionnent généralement dans les niveaux cadres, avec des rémunérations annuelles supérieures, compte tenu de leur impact stratégique.
Grille de salaire 3044 : articulation avec le temps de travail
La lecture des minima nécessite de les mettre en regard du temps de travail de référence. Pour les non-cadres, les montants mensuels sont calculés sur une base de 151,67 heures, soit 35 heures hebdomadaires en moyenne.
Lorsque le contrat prévoit :
- un temps partiel
- une modulation ou annualisation du temps de travail
- des heures supplémentaires récurrentes
la rémunération doit être recalculée proportionnellement, en veillant à ne jamais descendre sous le minimum conventionnel horaire et sous le SMIC.
« La rémunération du salarié à temps partiel est proportionnelle à celle d’un salarié à temps plein de qualification équivalente. » (principe du Code du travail, décliné par la convention collective)
Pour les cadres en forfait jours, la vigilance se porte plutôt sur la cohérence globale entre volume de travail attendu, enveloppe de rémunération annuelle et équilibre vie professionnelle / vie personnelle.
Grille de salaire, variables et avantages annexes dans le commerce de gros
Les minima de la convention 3044 ne reflètent pas toujours le package complet dont bénéficie le salarié. De nombreuses entreprises de gros ajoutent des éléments complémentaires :
- primes d’ancienneté
- 13e mois ou prime de fin d’année
- primes d’objectifs commerciaux (volumes, marges, conquête de nouveaux comptes)
- intéressement, participation
- avantages en nature (véhicule, smartphone, remises commerciales)
Pour les commerciaux itinérants, les mécanismes de commissionnement influencent fortement la rémunération réelle. Dans certains cas, le fixe s’aligne simplement sur le minimum conventionnel, l’attractivité venant de la part variable.
Enjeux RH : recrutement, fidélisation et tensions de main-d’œuvre
Selon les dernières projections, environ 24 % des entreprises du commerce de gros envisagent des recrutements, avec une progression modérée mais continue. Les difficultés d’embauche touchent en particulier :
- les métiers logistiques en horaires décalés
- les techniciens capables de gérer des infrastructures automatisées
- les commerciaux B2B ayant une réelle approche conseil
Dans ce contexte, la grille de salaire 3044 sert de socle, mais les entreprises les plus attractives pilotent :
- des niveaux d’entrée supérieurs aux minima sur les métiers en tension
- des parcours de progression lisibles d’un échelon à l’autre
- des politiques de primes transparentes, indexées sur des indicateurs maîtrisables
Un dialogue social de qualité autour de la classification et des salaires contribue fortement à stabiliser les équipes, limiter le turnover et consolider le service client dans un environnement B2B exigeant.
Vérifier sa situation au regard de la convention collective commerce de gros 3044
Salariés comme employeurs ont intérêt à confronter régulièrement la rémunération versée aux minima conventionnels en vigueur. Cette vérification suit généralement plusieurs étapes :
- identifier le niveau et l’échelon qui correspondent aux missions réellement exercées
- vérifier le salaire de base mensuel ou annuel par rapport à la grille
- contrôler le respect du SMIC horaire le cas échéant
- analyser les éventuels écarts en intégrant ancienneté, responsabilités nouvelles ou élargissement du périmètre
En cas de décalage significatif, un échange argumenté à partir de la convention collective, de la fiche de poste et des évolutions récentes du poste pose des bases solides pour une renégociation.





