La convention collective du transport routier 2026 redéfinit la grille de salaire des conducteurs, cadres, employés logistiques et professionnels du déménagement, avec des montants précis, des règles de calcul harmonisées et de nouvelles obligations sociales à anticiper. Entre revalorisation des indemnités, impacts du paquet mobilité et contraintes techniques comme les tachygraphes de nouvelle génération, chaque détail compte dans la rémunération réelle.
Les chiffres officiels pour 2026 sont désormais connus : niveaux hiérarchiques, coefficients, ancienneté, temps de travail de référence, tout s’articule autour d’une logique bien structurée. La grille n’influe pas seulement sur le salaire de base, mais aussi sur l’organisation des plannings, les négociations individuelles et la conformité lors des contrôles.
| Catégorie de conducteur | Compétences clés attendues en 2026 | Éléments d’évolution impactant le salaire | Avantages généralement observés |
|---|---|---|---|
| Conducteur Routier Marchandises (GR I à GR III) | Maîtrise des trajets longue distance, respect strict ADR, gestion des temps de conduite. | Expérience, amplitudes spécifiques, conduite de nuit, certifications ADR et éco-conduite. | Panier repas, indemnités de découché, primes kilométriques. |
| Conducteur Voyageurs | Relation client, conduite sécurisée, gestion des flux passagers, ponctualité. | Tournées scolaires, lignes régulières, qualifications transport de groupe. | Primes de sécurité, prime habillage/déshabillage, indemnités de coupure. |
| Conducteur Urbain (Bus / Autocar) | Conduite en zone dense, maitrise des horaires très stricts, usage des outils connectés. | Spécificité du réseau urbain, amplitude journalière, conduite en zones à faibles émissions. | Primes de pénibilité, compensation travail week-end et soirées. |
| Conducteur SPL | Manœuvres complexes, gestion de chargements lourds, parcours interrégionaux. | Polyvalence, longue distance, certifications supplémentaires (cariste, ADR…). | Primes de traction, indemnisations longues distances, panier majoré. |
Sources : grilles conventionnelles CCN Transport Routier — valeurs estimees 2026 sur base des revalorisations annuelles. Montants bruts mensuels pour 151,67h (35h/sem). Le SMIC 2026 est estime a environ 1 802 euros brut.
Sommaire
Convention collective transport routier 2026 : comprendre la nouvelle grille de salaire
La convention collective nationale des transports routiers et activités auxiliaires encadre les rémunérations minimales dans le secteur : transport de voyageurs, transport de marchandises, déménagement, prestations logistiques. La grille salariale 2026 fixe des salaires annuels et mensuels de base en fonction du groupe de classification, du coefficient et de l’ancienneté dans l’entreprise.
Ces montants servent de référence pour les bulletins de paie, les négociations internes et les contrôles de l’inspection du travail ou des organismes sociaux. Ils complètent le cadre fixé par le SMIC horaire 2026 à 12,02 € et par les règles de durée du travail (35 heures hebdomadaires, soit 151,67 heures par mois dans la base de calcul conventionnelle).
« La convention collective du transport routier détermine des salaires minimaux garantis. L’employeur reste libre d’accorder une rémunération plus élevée, mais ne peut descendre en dessous des montants conventionnels applicables à la qualification et à l’ancienneté du salarié. »
Pour un pilotage RH maîtrisé, la grille 2026 fournit un référentiel indispensable, aussi bien pour les cadres transport voyageurs que pour les salariés du déménagement et des prestations logistiques. Elle sert également de base de comparaison avec d’autres dispositifs comme ceux liés aux conventions collectives et salaires en France.
Base de calcul 2026 : heures mensuelles, SMIC et structure de la rémunération
La grille des salaires du transport routier 2026 repose sur une base de calcul commune à l’ensemble de la profession. Cette base permet d’aligner les rémunérations avec la durée légale du travail et avec le SMIC.
Temps de travail de référence et heures mensuelles
La convention collective retient une durée de 35 heures par semaine, soit un volume de 151,67 heures par mois. Ce repère sert à :
- convertir un salaire annuel en salaire mensuel de base,
- déterminer le taux horaire conventionnel,
- calculer les majorations d’heures supplémentaires et les compléments de rémunération.
En pratique, les salaires mensuels mentionnés dans la grille correspondent à cette durée de 151,67 heures. Une variation de la durée contractuelle (temps partiel, modulation, forfait jours pour certains cadres) impose une adaptation du montant de base, tout en respectant les minima conventionnels ramenés à l’horaire.
SMIC horaire 2026 et articulation avec la convention
Le SMIC horaire 2026 s’élève à 12,02 €. Aucun salaire réel, après prise en compte de la durée de travail, ne peut se situer en dessous de ce seuil. Lorsque la grille conventionnelle aboutit à un taux horaire inférieur, l’employeur doit procéder à un ajustement.
La convention du transport routier vient donc se superposer au droit commun : elle fixe des minima par coefficient. Le plus souvent, les montants conventionnels restent supérieurs au SMIC, en particulier pour les coefficients intermédiaires et élevés, mais un contrôle reste nécessaire pour les coefficients les plus bas et certaines situations de temps partiel.
Structure de la rémunération : salaire de base et compléments
La grille 2026 vise uniquement la rémunération de base. Le salaire global d’un conducteur ou d’un agent logistique comprend en plus :
- les majorations d’heures supplémentaires,
- les indemnités de déplacement et de repas, revalorisées en 2026,
- les primes liées aux contraintes de service (nuit, dimanche, jours fériés, astreintes…),
- éventuellement des compléments d’ancienneté et primes de performance, selon les accords d’entreprise.
Cette distinction évite de compenser un salaire de base insuffisant par des primes aléatoires. La conformité se vérifie d’abord sur le fixe, puis sur l’ensemble des éléments réguliers de la rémunération.
Grille de salaire 2026 des cadres du transport de voyageurs
La convention collective prévoit une grille spécifique pour les cadres du transport de voyageurs, organisée en groupes et coefficients. Chaque groupe reflète un niveau de responsabilité, d’autonomie et de technicité. L’ancienneté influence directement le salaire, avec des paliers réguliers jusqu’à plus de 30 ans.
Vision d’ensemble des groupes et coefficients cadres voyageurs
Pour 2026, les groupes de classification suivants sont prévus pour les cadres transport de voyageurs :
- Groupe 1 – Coefficient 100
- Groupe 2 – Coefficient 106,5
- Groupe 3 – Coefficient 113
- Groupe 4 – Coefficient 119
- Groupe 5 – Coefficient 132
- Groupe 6 – Coefficient 145
Chaque groupe regroupe des fonctions d’encadrement avec un périmètre plus ou moins large : chef d’exploitation, responsable d’agence, directeur de ligne, responsable technique, responsable QSE, direction opérationnelle, etc. Cette classification conditionne le salaire de référence, mais aussi la position hiérarchique dans l’entreprise de transport.
Tableau récapitulatif des salaires cadres transport voyageurs 2026
Le tableau ci-dessous synthétise les salaires mensuels bruts de base par groupe, coefficient et tranche d’ancienneté :
| Groupe / Coeff. | Ancienneté | Salaire annuel (brut) | Salaire mensuel (brut) |
|---|---|---|---|
| Groupe 1 – 100 | Jusqu’à 5 ans | 38 385,60 € | 2 878,92 € |
| Groupe 1 – 100 | 5 à 10 ans | 40 304,88 € | 3 022,87 € |
| Groupe 1 – 100 | 10 à 15 ans | 42 224,16 € | 3 166,81 € |
| Groupe 1 – 100 | 15 à 20 ans | 44 143,44 € | 3 310,76 € |
| Groupe 1 – 100 | 20 à 25 ans | 44 911,15 € | 3 368,34 € |
| Groupe 1 – 100 | 25 à 30 ans | 45 486,94 € | 3 411,52 € |
| Groupe 1 – 100 | Après 30 ans | 46 062,72 € | 3 454,70 € |
| Groupe 2 – 106,5 | Jusqu’à 5 ans | 40 881,08 € | 3 066,08 € |
| Groupe 2 – 106,5 | 5 à 10 ans | 42 925,13 € | 3 219,38 € |
| Groupe 2 – 106,5 | 10 à 15 ans | 44 969,19 € | 3 372,69 € |
| Groupe 2 – 106,5 | 15 à 20 ans | 47 013,24 € | 3 525,99 € |
| Groupe 2 – 106,5 | 20 à 25 ans | 47 830,86 € | 3 587,31 € |
| Groupe 2 – 106,5 | 25 à 30 ans | 48 444,08 € | 3 633,31 € |
| Groupe 2 – 106,5 | Après 30 ans | 49 057,30 € | 3 679,30 € |
| Groupe 3 – 113 | Jusqu’à 5 ans | 43 375,56 € | 3 253,17 € |
| Groupe 3 – 113 | 5 à 10 ans | 45 544,34 € | 3 415,83 € |
| Groupe 3 – 113 | 10 à 15 ans | 47 713,12 € | 3 578,48 € |
| Groupe 3 – 113 | 15 à 20 ans | 49 881,89 € | 3 741,14 € |
| Groupe 3 – 113 | 20 à 25 ans | 50 749,41 € | 3 806,21 € |
| Groupe 3 – 113 | 25 à 30 ans | 51 400,04 € | 3 855,00 € |
| Groupe 3 – 113 | Après 30 ans | 52 050,67 € | 3 903,80 € |
| Groupe 4 – 119 | Jusqu’à 5 ans | 45 678,00 € | 3 425,85 € |
| Groupe 4 – 119 | 5 à 10 ans | 47 961,90 € | 3 597,14 € |
| Groupe 4 – 119 | 10 à 15 ans | 50 245,80 € | 3 768,44 € |
| Groupe 4 – 119 | 15 à 20 ans | 52 529,70 € | 3 939,73 € |
| Groupe 4 – 119 | 20 à 25 ans | 53 443,26 € | 4 008,24 € |
| Groupe 4 – 119 | 25 à 30 ans | 54 128,43 € | 4 059,63 € |
| Groupe 4 – 119 | Après 30 ans | 54 813,60 € | 4 111,02 € |
| Groupe 5 – 132 | Jusqu’à 5 ans | 50 668,40 € | 3 800,13 € |
| Groupe 5 – 132 | 5 à 10 ans | 53 201,82 € | 3 990,14 € |
| Groupe 5 – 132 | 10 à 15 ans | 55 735,24 € | 4 180,14 € |
| Groupe 5 – 132 | 15 à 20 ans | 58 268,66 € | 4 370,15 € |
| Groupe 5 – 132 | 20 à 25 ans | 59 282,03 € | 4 446,15 € |
| Groupe 5 – 132 | 25 à 30 ans | 60 042,05 € | 4 503,15 € |
| Groupe 5 – 132 | Après 30 ans | 60 802,08 € | 4 560,16 € |
| Groupe 6 – 145 | Jusqu’à 5 ans | 55 658,54 € | 4 174,39 € |
| Groupe 6 – 145 | 5 à 10 ans | 58 441,47 € | 4 383,11 € |
| Groupe 6 – 145 | 10 à 15 ans | 61 224,39 € | 4 591,83 € |
| Groupe 6 – 145 | 15 à 20 ans | 64 007,32 € | 4 800,55 € |
| Groupe 6 – 145 | 20 à 25 ans | 65 120,49 € | 4 884,04 € |
| Groupe 6 – 145 | 25 à 30 ans | 65 955,37 € | 4 946,65 € |
| Groupe 6 – 145 | Après 30 ans | 66 790,25 € | 5 009,27 € |
Ces montants représentent des minima. Un cadre bénéficiant de responsabilités élargies ou d’objectifs spécifiques peut négocier une rémunération supérieure, tout en se référant à cette structure comme socle de discussion.
Salaires 2026 dans le déménagement : groupes 1-2, 4 et 6
Le secteur du déménagement, rattaché à la convention du transport routier, dispose de sa propre grille de salaire 2026. Elle tient compte des contraintes physiques élevées, des déplacements fréquents et de la technicité des opérations de manutention, d’emballage et de chargement.
Groupes 1-2, 4A : coefficients et progression salariale
Les groupes 1 et 2 – coefficient 4A englobent les fonctions d’exécution qualifiée, chefs d’équipe terrain, responsables de petite équipe. Pour 2026, la grille prévoit les montants suivants :
| Groupe / Coeff. | Ancienneté | Salaire annuel | Salaire mensuel |
|---|---|---|---|
| Groupes 1-2 – 4A | Jusqu’à 5 ans | 41 085,53 € | 3 081,41 € |
| Groupes 1-2 – 4A | Après 5 ans | 43 139,81 € | 3 235,49 € |
| Groupes 1-2 – 4A | Après 10 ans | 45 194,08 € | 3 389,56 € |
| Groupes 1-2 – 4A | Après 15 ans | 47 248,36 € | 3 543,63 € |
La montée en salaire suit des paliers d’ancienneté réguliers. Ces montants se cumulent avec les primes et indemnités spécifiques au déménagement (déplacement, manutention, éventuels frais de repas et d’hébergement).
Groupes 4B et 6 – 4B / 4C : fonctions de maîtrise et cadres
Les groupes 4 – coefficient 4B correspondent à des fonctions de maîtrise et de coordination. Les groupes 6 – coefficient 4C concernent des postes à responsabilité plus large, proches de l’encadrement supérieur. Les salaires 2026 sont les suivants :
| Groupe / Coeff. | Ancienneté | Salaire annuel | Salaire mensuel |
|---|---|---|---|
| Groupe 4 – 4B | Jusqu’à 5 ans | 45 907,18 € | 3 443,04 € |
| Groupe 4 – 4B | Après 5 ans | 48 202,54 € | 3 615,19 € |
| Groupe 4 – 4B | Après 10 ans | 50 497,90 € | 3 787,34 € |
| Groupe 4 – 4B | Après 15 ans | 52 793,26 € | 3 959,49 € |
| Groupe 6 – 4C | Jusqu’à 5 ans | 55 937,66 € | 4 195,32 € |
| Groupe 6 – 4C | Après 5 ans | 58 734,54 € | 4 405,09 € |
| Groupe 6 – 4C | Après 10 ans | 61 531,43 € | 4 614,86 € |
| Groupe 6 – 4C | Après 15 ans | 64 328,31 € | 4 824,62 € |
Les postes classés en 4C incluent généralement des responsabilités de pilotage de plusieurs équipes de déménagement, la gestion de la relation client et le suivi de la rentabilité des chantiers.
« Dans le déménagement, la grille de salaire structure la reconnaissance des compétences physiques, de la polyvalence et de la capacité à gérer les imprévus chez le client. Le coefficient traduit ce niveau de responsabilité. »
Grille de salaire 2026 des prestations logistiques
Les prestations logistiques (entrepôts, plateformes, cross-docking, préparation de commandes) disposent d’une grille salariale dédiée au sein de la convention du transport routier. Les coefficients logistiques, notés avec la lettre « L », tiennent compte des spécificités des métiers d’exploitation et d’organisation des flux.
Les principaux coefficients logistiques 2026
Pour 2026, les coefficients suivants sont prévus :
- 100L : niveau d’entrée dans la filière logistique,
- 106,5L : agents plus qualifiés, chefs d’équipe débutants,
- 113L : maîtrise intermédiaire, responsables de secteur,
- 119L : maîtrise confirmée, gestion de plusieurs zones ou équipes,
- 132L : encadrement supérieur logistique.
La grille distingue l’embauche, puis des paliers après 5 ans et après 10 ans d’ancienneté selon les coefficients.
Tableau des salaires logistiques 2026
| Coefficient | Ancienneté | Salaire annuel | Salaire mensuel |
|---|---|---|---|
| 100L | Embauche | 40 547,22 € | 3 041,04 € |
| 100L | Après 5 ans | 42 574,58 € | 3 193,09 € |
| 106,5L | Embauche | 43 192,88 € | 3 239,47 € |
| 106,5L | Après 5 ans | 45 352,52 € | 3 401,44 € |
| 106,5L | Après 10 ans | 47 512,17 € | 3 567,91 € |
| 113L | Embauche | 45 818,94 € | 3 436,42 € |
| 113L | Après 5 ans | 48 109,89 € | 3 608,24 € |
| 113L | Après 10 ans | 50 400,83 € | 3 780,06 € |
| 119L | Embauche | 47 915,88 € | 3 593,69 € |
| 119L | Après 5 ans | 50 311,67 € | 3 773,38 € |
| 119L | Après 10 ans | 52 707,47 € | 3 953,07 € |
| 132L | Embauche | 53 543,94 € | 4 015,80 € |
| 132L | Après 5 ans | 56 221,14 € | 4 216,59 € |
Ces niveaux de rémunération s’articulent directement avec le marché des emplois logistiques, souvent en tension. Ils servent de repère pour attirer et fidéliser des profils qualifiés dans les entrepôts et les plateformes de transport.
Évolutions salariales et sociales 2026 dans le transport routier
La grille de salaire 2026 du transport routier s’inscrit dans un environnement social en mouvement : revalorisation d’indemnités, ajustement des seuils de cotisations, maintien d’outils de gestion de fin de carrière. Ces éléments influencent le coût global du travail et la rémunération nette des salariés.
Revalorisation des indemnités et frais
Pour 2026, une revalorisation des indemnités est prévue. Elle concerne notamment :
- les indemnités de déplacement,
- les forfaits repas,
- certaines indemnités liées au temps de conduite ou aux contraintes spécifiques (nuit, découchés).
Cette revalorisation consolide la rémunération globale des conducteurs et des salariés mobiles, au-delà du seul salaire de base. Elle répond aussi à l’évolution du coût de la vie et aux contraintes du paquet mobilité.
Plafond de la Sécurité sociale (PSS) et tranches de cotisations 2026
Le PSS 2026 est fixé à 4 005 €. Il sert de base pour le calcul de multiples cotisations (retraite, prévoyance, certaines contributions sociales). Les limites de tranches se répartissent ainsi :
- Tranche 1 (T1) : jusqu’à 4 005 € de salaire brut,
- Tranche 2 (T2) : jusqu’à 32 040 € de salaire brut.
Ces seuils influencent directement la structure des charges sociales et des droits futurs des salariés, en particulier sur la retraite complémentaire et la prévoyance. Un salaire dépassant ces montants déclenche des taux ou des plafonds spécifiques selon les régimes.
CFA transport routier maintenu jusqu’en 2030
Le Congé de Fin d’Activité (CFA) reste maintenu jusqu’en 2030, avec un âge d’entrée fixé à 59 ans. Ce dispositif permet à certains conducteurs répondant aux conditions d’ancienneté et de cotisation de cesser leur activité avant l’âge légal de départ à la retraite, tout en percevant une allocation financée par la branche professionnelle.
« Le CFA reste un outil structurant de gestion des fins de carrière dans le transport routier. Il accompagne le renouvellement des équipes de conduite et sécurise les parcours des conducteurs usés par des années de route. »
Paquet mobilité 2026 : impact sur les salaires et l’organisation
Le paquet mobilité européen modifie profondément l’organisation du travail dans le transport routier, avec des conséquences directes sur les coûts, les plannings et les indemnités.
Retour au domicile et repos hebdomadaire
Les règles 2026 prévoient un retour au domicile toutes les 3 à 4 semaines pour les conducteurs longue distance. Un repos hebdomadaire hors véhicule reste obligatoire, avec la prise en charge par l’employeur des frais d’hébergement lorsque le repos n’a pas lieu au domicile.
Ces exigences renforcent la protection de la santé des conducteurs, mais génèrent :
- des frais d’hébergement supplémentaires,
- une réorganisation des tournées et des tournus,
- un recalibrage des indemnités de déplacement et de découché.
Le retour au centre opérationnel toutes les 8 semaines constitue un autre repère réglementaire, avec un impact sur la planification des missions internationales et la logistique des parcs de véhicules.
VUL de plus de 2,5 tonnes : alignement des règles
Les véhicules utilitaires légers (VUL) de plus de 2,5 tonnes sont désormais soumis à des règles proches de celles des poids lourds : temps de conduite, tachygraphe, conditions de repos. Les salaires des conducteurs VUL doivent donc être cohérents avec ces exigences, en tenant compte :
- du temps de conduite effectif,
- des obligations de repos hors véhicule,
- des indemnités de déplacement comparables à celles des poids lourds.
Obligations techniques 2026 : tachygraphes, AEB et RGDU
Les évolutions réglementaires 2026 dans le transport routier ne concernent pas uniquement les salaires. Elles imposent aussi des investissements techniques qui influencent le coût de revient d’un véhicule et, indirectement, la marge disponible pour la rémunération.
Tachygraphes de génération G2V2 au 1er juillet 2026
À compter du 1er juillet 2026, les véhicules concernés doivent être équipés de tachygraphes G2V2. Ces appareils enregistrent avec une précision accrue :
- les temps de conduite et de repos,
- les passages de frontières,
- certaines opérations de chargement et déchargement.
Une mauvaise gestion de ces données expose l’entreprise à un risque de sanctions lors des contrôles. Les salaires doivent intégrer une rémunération adaptée au suivi des temps et à la gestion des imprévus de route dans un cadre beaucoup plus contrôlé.
Freinage d’urgence autonome (AEB) obligatoire au 7 juillet 2026
Au 7 juillet 2026, le système de freinage d’urgence autonome (AEB) devient obligatoire sur certains véhicules neufs. Cette technologie réduit le risque de collision, mais exige :
- une formation du personnel à son utilisation et à ses limites,
- une mise à jour des procédures internes de sécurité,
- un suivi de maintenance technique plus structuré.
Ces investissements sécurisent le travail des conducteurs et améliorent la qualité de service, avec un impact budgétaire que les entreprises intègrent dans leur politique salariale et leurs prix de transport.
RGDU au 1er janvier 2026 : données et conformité
Le RGDU (Règlement Général sur les Données d’Utilisation), applicable à partir du 1er janvier 2026, encadre la collecte et l’exploitation des données issues des véhicules (tachygraphes, géolocalisation, télématique embarquée). Il impose :
- une information claire des salariés sur l’usage des données,
- des procédures de conservation et de consultation sécurisées,
- une traçabilité des accès aux données de conduite et de temps de travail.
« Les données de conduite deviennent un outil de gestion RH et d’optimisation des plannings, mais leur exploitation doit respecter les principes de proportionnalité, de transparence et de finalité définis par la réglementation. »
Impacts organisationnels sur la gestion de la paie et des RH
Les évolutions de la convention collective, du paquet mobilité et des exigences techniques conduisent à revoir en profondeur l’organisation interne des entreprises de transport. La gestion de la paie et des ressources humaines se complexifie, mais peut gagner en fiabilité avec des procédures adaptées.
Formation du personnel et mise à jour des procédures
La réussite de la mise en œuvre de la grille 2026 et des nouvelles obligations passe par :
- la formation des gestionnaires de paie aux nouvelles grilles et aux règles d’ancienneté,
- la sensibilisation des exploitants aux temps de conduite, repos, retours domicile,
- la mise à jour des logiciels de paie pour intégrer les nouveaux barèmes et les indemnités réévaluées,
- la révision des procédures internes de gestion des temps, des frais et des validations de tournées.
Une coordination étroite entre services RH, exploitation et direction financière garantit la cohérence entre planification opérationnelle, coûts, et respect des minima conventionnels.
Risque de sanctions et contrôles renforcés
Les autorités de contrôle (inspection du travail, DREAL, URSSAF, organismes de retraite) disposent d’outils plus précis pour vérifier :
- le respect des grilles salariales par coefficient,
- la conformité des temps de conduite et de repos,
- la cohérence entre temps enregistrés et salaires versés,
- la bonne application du paquet mobilité.
Les entreprises de transport routier ont donc intérêt à structurer un système de gestion documentaire clair : contrats de travail, avenants, fiches de poste, bulletins de paie, relevés de temps, procédures de calcul des indemnités et des heures supplémentaires.





