La convention collective 66 encadre toujours une large partie des rémunérations dans le secteur médico-social. En 2026, la grille de salaire aide-soignante sous Convention 66 s’appuie sur une valeur du point à 3,93 € (référence au 1er juillet 2022), complétée par des primes spécifiques, dont la prime de sujétion et la prime Ségur.
Entre coefficients, ancienneté, travail de nuit, indemnités, congés et comparaison avec le SMIC, la fiche de paie d’une aide-soignante CCN 66 réserve plusieurs subtilités. Les montants bruts ne racontent pas toute l’histoire : les primes, la durée du travail, les repos compensateurs et la protection sociale façonnent réellement le pouvoir d’achat.
| Élément clé | Impact sur le salaire | Pourquoi c’est important en 2026 |
|---|---|---|
| Ancienneté dans l’établissement | Augmentation progressive selon les échelons | La Convention 66 renforce les évolutions salariales pour fidéliser les soignants |
| Qualification aide-soignante (DEAS) | Détermine le coefficient de base | Les coefficients 2026 ont été réévalués avec de nouvelles grilles |
| Travail de nuit | Majoration des heures + indemnités | Les besoins accrus en soins nocturnes augmentent le recours aux primes |
| Week-ends et jours fériés | Primes spécifiques cumulables | La hausse des remplacements en 2026 rend ces primes plus fréquentes |
| Responsabilités supplémentaires | Indemnités (référente, tutorat, coordination) | Mise en valeur des compétences dans les structures médico-sociales |
| Type d’établissement (IME, FAM, MECS, etc.) | Différences selon budget et besoins | 2026 marque un rééquilibrage selon les publics accompagnés |
Valeur du point CCN 66 estimee a 3,93 euros pour 2026. Le salaire net est indicatif (environ 78 % du brut). Hors primes (internat, dimanche, anciennete supplementaire).
Source : Convention Collective Nationale du 15 mars 1966 – Annexe 3 – Grille aide-soignant(e).
Sommaire
Convention 66 et aides-soignantes en 2026 : enjeux et cadre général
La Convention collective nationale 66 (CCN 66) régit une grande partie des établissements et services sociaux et médico-sociaux privés à but non lucratif : foyers, instituts médico-éducatifs, établissements pour personnes en situation de handicap, structures d’accueil spécialisées, etc. Les aides-soignantes y exercent en service d’hébergement, accueil de jour, internat, milieu ouvert ou accompagnement à domicile.
La rémunération repose sur un salaire indiciaire calculé à partir de la valeur du point (3,93 € au 1er juillet 2022), d’un coefficient hiérarchique lié à la fonction et à l’ancienneté, puis d’un ensemble de primes et indemnités (sujétion, Ségur, travail de nuit, horaires atypiques, internat, etc.). En 2026, cette architecture reste la base de la fiche de paie, même si des négociations locales peuvent améliorer le socle conventionnel.
Les aides-soignantes et assimilé(e)s interviennent souvent dans des équipes pluridisciplinaires, avec des éducateurs, moniteurs-éducateurs ou AMP/AES. Les repères de carrière sont donc proches de ceux de la grille salaire AMP Convention 66, tout en gardant des spécificités selon les établissements et les publics accompagnés.
Comment fonctionne la grille de salaire aide-soignante Convention 66 en 2026 ?
La grille de salaire Convention 66 repose sur trois piliers :
- la valeur du point : 3,93 € au 1er juillet 2022, base de calcul du salaire indiciaire ;
- le coefficient attribué à la fonction et à l’ancienneté ;
- les primes fixes et variables (sujétion, Ségur, travail de nuit, internat, ancienneté, etc.).
Pour une aide-soignante relevant du « personnel soignant et technique » CCN 66, la progression suit une logique d’ancienneté : le coefficient augmente par paliers (début de carrière, 1 an, 3 ans, 7 ans, 10 ans, etc.), ce qui génère automatiquement une hausse du salaire brut indiciaire.
Le salaire brut mensuel comprend ainsi en général :
- un salaire de base indiciaire, lié au coefficient ;
- une prime de sujétion (en % du salaire de base) ;
- la prime Ségur, pour les établissements éligibles et financés par l’assurance maladie ;
- éventuellement des primes de nuit, indemnités d’horaires décalés, servitude d’internat, majoration familiale, etc.
Grille 2026 du personnel soignant Convention 66 : repères de salaires
Les chiffres ci-dessous correspondent à la grille « personnel soignant et technique » CCN 66, qui sert de référence pour les aides-soignantes en structure médico-sociale. Les montants indiqués sont bruts mensuels pour un temps plein, avec salaire indiciaire et prime de sujétion distincts.
Évolution du salaire brut et de la prime de sujétion avec l’ancienneté
La prime de sujétion rémunère les contraintes propres au travail social et médico-social : irrégularité des horaires, travail en week-end, contacts permanents avec des publics fragiles. Son taux en Convention 66 est de 9,21 % du salaire de base.
| Ancienneté | Coefficient | Salaire brut indiciaire (€) | Prime de sujétion (€) | Rémunération mensuelle hors Ségur (€) |
|---|---|---|---|---|
| Début | 396 | 1 556,28 | 143,33 | 1 699,61 |
| 1 an | 405 | 1 591,65 | 146,59 | 1 738,24 |
| 3 ans | 418 | 1 642,74 | 151,30 | 1 794,04 |
| 7 ans | 450 | 1 768,50 | 162,90 | 1 931,40 |
| 10 ans | 468 | 1 839,24 | 169,44 | 2 008,68 |
| 13 ans | 485 | 1 905,05 | 175,04 | 2 080,09 |
| 16 ans | 502 | 1 973,86 | 181,46 | 2 155,32 |
| 20 ans | 521 | 2 048,53 | 188,67 | 2 237,20 |
| 24 ans | 542 | 2 129,06 | 196,02 | 2 325,08 |
| 28 ans | 762 | 2 994,66 | 275,81 | 3 270,47 |
Sur la base d’un salaire indiciaire de 1 800 € brut, la prime de sujétion atteint environ 165 € brut. Le taux de 9,21 % s’applique directement au salaire de base, sans prise en compte des primes Ségur ou autres compléments.
En ajoutant la prime Ségur (238 € brut) pour les structures éligibles, la rémunération mensuelle brute d’une aide-soignante Convention 66 en début de carrière se rapproche déjà de 1 938 € brut, hors travail de nuit, dimanches ou indemnités diverses.
Grille 2026 pour AMP / AES et repères pour les aides-soignantes
Beaucoup d’établissements alignent les aides-soignantes sur les AMP (aides médico-psychologiques) ou les AES (accompagnants éducatifs et sociaux), grilles qui partagent des niveaux de responsabilité et de qualification similaires. La grille 2026 AMP/AES donne des repères utiles pour situer un poste d’aide-soignante CCN 66.
| Ancienneté | Coefficient AMP/AES | Salaire indiciaire brut (€) |
|---|---|---|
| Début | 396 | 1 556 |
| 5 ans | 432 | 1 697 |
| 10 ans | 461 | 1 812 |
| 20 ans | 498 | 1 957 |
Une aide-soignante sous Convention 66 retrouve des niveaux de rémunération très proches de ces repères, surtout lorsqu’elle partage les mêmes missions d’accompagnement au quotidien, soins de nursing, soutien à l’autonomie et participation au projet personnalisé.
Pour suivre les équilibres entre métiers, charges et responsabilités, il reste utile de consulter aussi les repères de la grille des infirmiers Convention 66, qui structure toute la filière soignante de la CCN 66.
Prime Ségur aides-soignantes Convention 66 en 2026
La prime Ségur constitue désormais un pilier de la rémunération dans le champ médico-social, y compris pour les aides-soignantes en Convention 66, lorsque l’établissement est financé par l’assurance maladie.
- Montant brut : 238 € par mois ;
- Montant net estimé : environ 183 € nets ;
- Public concerné : établissements médico-sociaux sous CCN 66 financés par l’assurance maladie ;
- Règle clé : la prime Ségur ne sert pas à compenser un écart avec le SMIC, elle s’ajoute au salaire de base.
« La prime Ségur améliore le pouvoir d’achat mensuel, mais ne remplace pas les mécanismes de revalorisation de la grille ou l’augmentation de la valeur du point Convention 66. »
Pour une aide-soignante CCN 66, cette prime transforme concrètement la fiche de paie. Associée à la prime de sujétion et à l’ancienneté, elle permet de franchir certains seuils de rémunération sans attendre un changement de coefficient.
Prime de sujétion Convention 66 : rôle et impact pour les aides-soignantes
La prime de sujétion rémunère les contraintes liées à l’activité médico-sociale : horaires variables, pénibilité psychique, responsabilité auprès de publics vulnérables, continuité d’accompagnement, travail en horaires atypiques. Le taux de référence se situe à 9,21 % du salaire indiciaire.
Exemple représentatif : pour un salaire de base de 1 800 € brut, la prime de sujétion atteint 165 € brut. Cette somme s’ajoute au salaire indiciaire, puis se cumule avec la prime Ségur et les éventuelles indemnités spécifiques (internat, nuit, week-end).
Dans la grille du personnel soignant Convention 66, les montants fournis (143,33 € au début, 275,81 € après 28 ans) illustrent cette logique de pourcentage : plus le coefficient et le salaire de base augmentent, plus la prime de sujétion suit cette progression.
Travail de nuit et horaires atypiques : majorations et repos compensateurs
Les aides-soignantes en Convention 66 assurent très souvent la continuité de service la nuit, les week-ends et jours fériés. La convention encadre ces contraintes par des majorations salariales et des repos compensateurs.
Majoration pour travail de nuit
Le travail de nuit donne lieu à :
- une majoration de 25 % du salaire horaire ;
- et/ou un forfait en points (1,65 point), selon les accords locaux et la façon dont l’établissement applique la CCN ;
- un repos compensateur proportionnel au nombre d’heures effectuées.
Pour 4 heures de travail de nuit, la Convention 66 prévoit 4 heures de repos. Le repos compensateur ne descend pas en dessous de 3 heures, même lorsque la durée de travail de nuit est plus courte, ce qui garantit un minimum de récupération.
Lorsque le volume d’heures de nuit dépasse 270 heures sur 12 mois, le repos compensateur se renforce : la CCN prévoit un repos plus important afin de limiter la fatigue chronique et les risques liés au travail nocturne.
Horaires atypiques et servitude d’internat
En plus des nuits, la CCN 66 prévoit des valorisations spécifiques pour les horaires atypiques : alternance matin/soir, coupures prononcées, travail systématique en fin de journée, etc. Un exemple fréquent dans les équipes éducatives : une valorisation d’environ +80 € brut par mois pour un moniteur-éducateur sur des horaires très décalés. Les aides-soignantes qui partagent ces contraintes bénéficient d’une logique comparable, même si les montants peuvent varier selon les accords d’établissement.
La servitude d’internat donne également lieu à une prime spécifique lorsque le poste comporte des nuits d’internat, des présences nocturnes régulières ou un engagement renforcé en internat éducatif ou thérapeutique.
« Le travail de nuit et les horaires décalés doivent toujours se traduire par une double compensation : majoration salariale et repos suffisant, afin de préserver la santé des équipes soignantes. »
Congés, jours d’ancienneté et indemnités de rupture pour aides-soignantes CCN 66
La rémunération ne se limite pas au salaire mensuel : le cadre des congés payés, des jours d’ancienneté et des indemnités de rupture fait partie intégrante de l’attractivité salariale en Convention 66.
Congés payés et jours supplémentaires d’ancienneté
La CCN 66 prévoit, pour un temps plein :
- 30 jours ouvrables de congés payés par an (soit 5 semaines) ;
- jusqu’à 6 jours d’ancienneté au maximum, en fonction des années de présence dans l’établissement.
Ces jours supplémentaires créent une forme de rémunération indirecte : l’aide-soignante bénéficie de davantage de repos à salaire maintenu, ce qui compense partiellement les contraintes d’horaires et la charge émotionnelle du travail en médico-social.
Indemnités de rupture du contrat de travail
En cas de licenciement (hors faute grave ou faute lourde), la Convention 66 organise une indemnité de rupture plus protectrice que le minimum légal dans plusieurs situations :
- pour l’ancienneté jusqu’à 10 ans : 1/4 de mois de salaire par année ;
- pour l’ancienneté après 10 ans : 1/3 de mois de salaire par année au-delà du seuil des 10 ans.
Pour une aide-soignante restée de longues années dans un établissement CCN 66, ce mécanisme représente un enjeu financier non négligeable lors d’une réorganisation de service, d’une restructuration ou d’une inaptitude médicale.
Protection sociale des aides-soignantes Convention 66
Au-delà du salaire direct, la Convention 66 organise une protection sociale qui sécurise les périodes de fragilité : maladie, maternité, adoption, grossesse. Ces droits complètent les indemnités journalières de la Sécurité sociale.
Arrêt maladie
En cas d’arrêt maladie, la CCN 66 prévoit un maintien de salaire à 100 % pendant une période qui varie selon l’ancienneté, généralement entre 3 et 6 mois. Plus l’aide-soignante compte d’années dans l’établissement, plus la durée de maintien est longue.
Ce dispositif évite une chute brutale de revenus lors d’une longue maladie, d’un accident de travail ou d’une pathologie professionnelle liée à la pénibilité du métier (troubles musculo-squelettiques, épuisement professionnel, etc.).
Maternité, adoption et réduction horaire pour les salariées enceintes
Pendant un congé maternité ou adoption, la Convention 66 garantit également un maintien de salaire à 100 %, sous réserve des conditions habituelles de cotisations et d’ancienneté. Les aides-soignantes ne subissent donc pas de perte de rémunération sur cette période.
À partir du 3ᵉ mois de grossesse, la salariée enceinte bénéficie d’une réduction d’horaire de 10 %, sans perte de salaire. Ce dispositif joue un rôle concret sur la prévention de la fatigue et la conciliation entre suivi médical et horaires en équipes.
« La réduction d’horaire à 10 % pour les salariées enceintes CCN 66 renforce la prévention en santé au travail, surtout dans les équipes de soins soumis à des charges physiques et émotionnelles élevées. »
Autres primes et indemnités en Convention 66 pour les aides-soignantes
La CCN 66 prévoit plusieurs compléments de rémunération qui s’ajoutent au salaire indiciaire, à la prime de sujétion et à la prime Ségur.
- Servitude d’internat : prime spécifique pour les postes en internat, présence de nuit ou astreintes liées à la vie collective sur site ;
- Horaires atypiques : valorisation de la flexibilité horaire, parfois sous forme de forfait mensuel (par exemple +80 € pour des postes très décalés) ;
- Majoration familiale : complément en fonction du nombre d’enfants à charge, selon les règles de l’établissement et de la branche ;
- Indemnités diverses : déplacements, repas, astreintes, selon l’organisation du service.
Ces primes ne sont pas uniformes d’un établissement à l’autre. Les directions peuvent négocier des accords d’entreprise améliorant le socle conventionnel, notamment pour fidéliser les équipes soignantes sur les postes les plus contraignants.
Rémunération mensuelle type d’une aide-soignante Convention 66
Pour visualiser concrètement la rémunération, voici un exemple simplifié de structure de salaire mensuel pour une aide-soignante CCN 66 en 2026, en début de carrière dans un établissement financé par l’assurance maladie.
| Élément de rémunération | Montant brut approximatif (€) |
|---|---|
| Salaire indiciaire (coefficient 396) | 1 556 |
| Prime de sujétion (9,21 %) | 143 |
| Prime Ségur | 238 |
| Total brut mensuel (hors nuit, dimanches, etc.) | 1 937 |
Ce total ne tient pas compte des majorations de nuit, des primes d’horaires atypiques, ni d’un éventuel 13ᵉ mois d’entreprise. Il constitue toutefois un socle cohérent pour estimer la rémunération moyenne d’une aide-soignante CCN 66 en début de parcours.
La Convention 66 ne prévoit pas de 13ᵉ mois obligatoire. Certains établissements l’ont néanmoins mis en place par accord interne ou usage constant, ce qui crée un écart significatif entre deux postes pourtant situés sur le même coefficient.
Comparaison avec le SMIC 2026 et autres repères de salaire
Pour mesurer la position de la grille aide-soignante Convention 66, une comparaison avec le SMIC 2026 sur 35 heures hebdomadaires offre un repère chiffré :
- SMIC brut mensuel 35 h 2026 : 1 823,03 € ;
- Aide-soignante Convention 66 début de carrière : environ 1 937 € brut, en incluant prime de sujétion et prime Ségur.
La grille CCN 66 positionne donc le salaire indiciaire de base légèrement au-dessus du SMIC, puis l’écart se creuse à mesure que les primes conventionnelles (sujétion, Ségur, ancienneté) s’additionnent. Au fil des années, l’augmentation du coefficient et de la prime de sujétion renforce ce différentiel.
Les repères de la grille salaire Convention 66 globale montrent de leur côté comment les autres catégories (éducateurs, infirmiers, cadres) se positionnent au-dessus ou à proximité de ces niveaux, selon les responsabilités assumées.
Évolution de carrière et perspectives pour les aides-soignantes Convention 66
La grille aide-soignante Convention 66 ne s’arrête pas à la simple progression d’ancienneté. Plusieurs perspectives d’évolution existent, avec des effets directs sur la rémunération :
- passage à un poste de référente de secteur ou de service, avec responsabilités accrues et coefficient majoré ;
- évolution vers des fonctions d’AMP/AES spécialisé(e) ou vers des postes en unité spécifique (gérontologie, autisme, handicap lourd, psychiatrie) ;
- reprise d’études pour accéder à la filière infirmière ou à un diplôme d’éducateur spécialisé, avec changement de grille et de coefficient ;
- mobilité vers des postes de coordination, encadrement de proximité ou fonctions transversales (référent hygiène, qualité, formation).
Chaque changement de fonction doit se traduire par une revalorisation du coefficient et une adaptation des primes aux nouvelles responsabilités. La grille Convention 66 constitue ainsi un socle qui accompagne l’évolution professionnelle sur plusieurs décennies de carrière dans le médico-social.





