Photos interdites quand la police matraque les lycéens

L’affaire est grave, racontée par LibéLyon"

Les deux photographes suivaient une manifestation lycéenne de faible ampleur dans le centre de Lyon. "Dès le début, raconte Jean-Philippe Ksiazek, des gradés nous ont dit qu’on ne pouvait pas faire de photos cette fois, que c’était interdit. J’ai montré une carte de presse et une policière a pris toute mon identité, très longuement, puis elle m’a dit de me tenir à l’écart car c’était interdit de photographier, pour des questions de droit à l’image des policiers"... La cinquantaine de lycéens se trouvant place Bellecour a ensuite été chargée par les CRS. " J’ai alors fait mon métier ", poursuit le photographe. Mais un policier lui aurait fait une clef de bras pour le conduire à une voiture. Le deuxième photographe, Frédéric Dufour, également salarié de l’AFP, s’est retrouvé dans le même temps bloqué contre un mur, une matraque sous le cou. Ils m’ont demandé mon appareil, continue Jean-Philippe Ksiazek. J’ai bien sûr refusé. Ils me l’ont arraché et ont effacé les photos et la disquette"

Droit à l’image des policiers ? A-t-on déjà entendu prétexte plus grotesque pour justifier la censure ? L’AFP eût pu sans problème flouter le visage des fonctionnaires, de façon à ce qu’ils ne soient pas reconnaissables, ce qui rend caduque la justification du droit à l’image. Une fois ce faux-nez retiré, reste la vraie question : au nom de quoi prétend-on empêcher deux journalistes de livrer un témoignage visuel du comportement policier ? Faut-il donc que les forces de l’ordre soient assurées de jouir de l’impunité au moment de matraquer des lycéens, sans témoin, pour mieux sans doute les accuser a posteriori d’outrage, histoire de se couvrir ?

La liberté d’informer est mentionnée dans l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont on vient de fêter le 60e anniversaire : "Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et >celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit." Des policiers gradés n’ont absolument pas le droit d’interdire à des reporters photographes de faire leur métier. Il s’agit d’une dérive scandaleuse, à juste titre dénoncée par l’intersyndicale de l’AFP (CFDT, CGC, FO, SAJ-Unsa, SNJ, CGT et Sud), comme un "acte de censure intolérable dans une démocratie" et une "atteinte grave à notre mission et au droit à l’information pour tous les


 
 
 
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2 commentaires
  • Evidemment qu’ils peuvent tout se permettre, assurés qu’ils sont de l’impunité.

    Il faut être un démocrate bêlant pour refuser de voir que depuis longtemps, certainement depuis le 11 septembre, et surtout depuis l’élection 2002 de CHIRAC avec SARKOZY comme ministre de l’intérieur ( et là, la différence fut notable, je parle en connaissance de cause ) pour croire encore à la liberté, alors la liberté d’expression ...

    Ces pseudos démocraties sont les paravents de toutes les dictatures.

    Enfin, le coup monté du 11 septembre entraînant l’agression de l’Afghanistan, celle de l’Irak, Guantanamo, le patriot act ; la collusion Sarkozy Bush.

    La destruction des dernieres garanties du Code du travail,les attaques permanentes contre les chômeurs ( victimes de la ploutocratie mondialiste ) les 45 millions pour Tapie, le fait du prince tous les 4 matins, le dernier tripatouillage de 9,2 millions d’euros pour l’Elysée, etc etc on pourrait en noircir l’écran, n’est-ce pas assez clair ?

  • Dans ma diatribe ci-dessus, j’ai oublié le rôle de la pseudo gauche, celle qui se dit socialiste.
    Etc etc

    - dans la mondialisation
    - son vote pour le traité de Lisbonne malgré le référendum validant le non ( bel exemple de sa considération de la démocratie )
    - sa flicardisation de la cité par l’augmentation des pouvoirs des polices municipale ( Chevénement eh oui ! )
    - sa complicité avec les USA dans le démantélement par agression de la Yougoslavie, comme dans le martyr des Palestiniens.

    Ma lecture en cours : Après la démocratie d’Emmanuel TODD.

    Pour avoir travaillé comme camionneur tant en Espagne franquiste que dans les pays sous le joug soviétique - encore que ces derniers ne connaissaient pas le chômage - j’ai quand même une idée de la dictature policière, la nôtre était plus "soft" jusqu’à la création de Sarkoland, mais le masque tombe ...

    Mention particulière pour l’Italie du temps des brigades rouges, qu’est-ce la lutte contre ces dernières n’a pas permis comme atteintes aux libertés.

    Et le "suicide" de BAADER dans sa prison allemande.

    Alors, désolé, ces types de démocratie, je ne puis plus y croire.

 
 
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