L’histoire, fable convenue (4)

De la démocratie et du masque

« De la difficulté de parler de démocratie, lorsqu’on sait que la démocratie, le krateîn du demos, est une fantasmagorie. Le peuple est toujours commandé. Quand il le sera sans être conduit nous serons en démocratie », disais-je dans mon dernier billet. Le lecteur est invité à suivre le développement de cette idée s’il a lu au préalable mes précédents billets.

"Etre commandé sans être conduit", en voilà un de paradoxe, de contradiction dans les termes ! Est-ce bien sûr ? Pour y voir plus clair et nettoyer nos mémoires encombrées par l’école, rappelons d’abord quelques définitions. Pédagogie signifie "conduire l’enfant". Quelqu’un est-il contre ce brin de conduite ? Démagogie signifie "conduire le demos". Là, tous sont contre. Conduire le demos ? comment osez-vous ? n’est-il pas adulte, citoyen, responsable, instruit, scolarisé par le meilleur système qui soit au monde, ce demos ? Il n’a pas besoin d’agéîn le demos mais de kratéîn, il est capable de se conduire tout seul, au diable les conducator, les führer et les duce. Tout le monde semble donc d’accord, démagogie c’est mal, démocratie c’est bien. Accuser quelqu’un de démagogie, c’est l’insulte suprême et tout le monde en accuse tout le monde. C’est l’expression répétée à l’envie par tous les leaders "démocrates". Démocratie, littéralement : puissance-du-demos, mais veut dire surtout pour la majorité des gens, peuple mis à la première place, peuple souverain, peuple qui décide et dont les décisions sont appliquées. Tous, plus ou moins, en France et en Europe sont convaincus que nous vivons "en démocratie", que donc le démos y est souverain. La Constitution européenne de 2005 avait eu l’ambition dans son préambule, de citer -en le déformant- le grand historien grec Thucydide attribuant à Périclès les mots suivants : "Notre constitution est appelée démocratique parce que le pouvoir est entre les mains, non d’une minorité mais du peuple tout entier". Cette mâle citation fut retirée. Pourquoi ? D’abord parce qu’elle est fausse et que quelque part il y eut quelqu’un pour le dire. Ensuite, même si on traduit correctement "Notre régime politique a pour nom démocratie, parce que, dans l’administration (oikein), les choses dépendent non du petit nombre mais de la majorité", elle fut sans doute ressentie par le scribe en chef, le vieux beau Giscard, comme une insolence contre-productive envers le demos (1). A l’époque de Périclès déjà, la démocratie est perçue par beaucoup comme une démagogie. Il ne s’agissait ni plus ni moins que de conduire le peuple là où on voulait qu’il aille, c’est-à-dire à la guerre. C’est ainsi que la démocratie d’Athènes s’autodétruisit dans les guerres impérialistes qu’elle mena à grand frais pour agrandir sa domination sur l’ensemble du monde égéen et que pour cela elle avait besoin de ce petit peuple sans cesse plus nombreux qui construisait les navires et les propulsaient à la rame, thètes, (2) et autres marins. Son hybris fut récompensée comme l’hybris européenne sera récompensée un jour, sinon par des minarets, du moins par des gens qui lui refuseront leur confiance. Le mot démocratie aujourd’hui est utilisé comme un calmant, est synonyme de démagogie avec cette touche d’esprit british qui est passé dans la légende pour avoir dit "qu’elle était le pire des régimes à l’exception de tous les autres". A chaque élection n’entend-on pas crier de tout bord : Votez, allez voter pour défendre la démocratie ! Oui, sauf que si l’élection est une des caractéristiques de la vie démocratique, elle n’est pas la seule ni la principale. Elle masque la corruption, les influences souterraines, le téléguidage par des intérêts inavouables. On la dit le moins mauvais de tous les régimes mais elle est devenue le camouflage des pires turpitudes. Le latin résume ça en trois mots : corruptio optimi pessima, la pire corruption, c’est celle du meilleur (3).

Poursuivons les définitions : Aristocratie, puissance du meilleur. Churchill, l’auteur de la célèbre phrase sur la démocratie était aristocrate. Sans doute le meilleur de son temps comparé à tous les autres. Arrivé au pouvoir en mai 1940, il fit voter, c’est peu connu, une loi pour emprisonner les opposants. Il fut Lord. Sans lui il est vraisemblable que nous serions Allemands. Pétain était un maréchal, le meilleur. C’est pourquoi de "Père de la victoire" en 1918, il devint "père de la collaboration" en 1940, suivant en cela le vœu secret de la majorité des Français, donc grand démocrate à l’insu de son plein gré !... Oligarchie, commandement du petit nombre. Les cinq cent députés de notre assemblée sont donc des oligarques... enfin, c’est je l’avoue, un peu plus compliqué. Disons qu’ils aimeraient en être mais ils ne sont que des godillots avec un bon salaire versé à vie. Idem pour les sénateurs. Les bureaucrates de Bruxelles par contre, sont de vrais oligarques sans toutefois être les meilleurs. Ils ne sont pas nombreux. Mais, rois en leur royaume, ils décident de tout. Par exemple de ce que le plombier polonais doit faire en France, le Chypriote turc avec le Chypriote grec et les pêcheurs bretons à Guilvinec. Royauté, du latin rex, regis, roi. On en a eu de tous les types possibles : le Bon roi Henri, le Roi soleil, plusieurs rois fainéants, et des sans couronne… A-t-on fait le tour des régimes politiques connus ? Si vous demandez à BHL ou à Finkie, ils vous diront que vous avez oublié le totalitarisme ! Ajoutons-le pour leur faire plaisir bien que ce prétendu régime ne soit qu’une extension possible mais non nécessaire de tous les autres. Contrairement à l’homme en bonne santé qui est un malade qui s’ignore, le politicien en bonne santé est un totalitaire qui ne fait que semblant de s’ignorer.

Mettons maintenant tout à l’envers et, de la caricature, passons à l’éloge. Du moins à son possible. Le demos, du fait qu’il est nombreux, qu’il est multitude bavarde et inconstante, est-il condamné à n’être jamais que l’idiot utile ? Ne peut-il jamais être "le meilleur" ? Le CNR après la deuxième guerre mondiale ne fut-il pas excellent ? Quand il est bien conduit ce demos, n’a-t-il jamais prouvé qu’il se conduisait bien ? Un petit groupe d’oligarques est-il par définition mauvais parce qu’il est oligo ? Agir le demos (agéîn), le conduire (d’une main certes de fer), être démagogue si on veut, est-ce un péché si le demos en question est turbulent, vindicatif, et, parfois idiot lorsque par exemple il met la fleur au fusil et part en guerre en hurlant que c’est la der des der ? La démocratie n’est-elle jamais soumise à l’erreur parce qu’elle est "démocratique" ? Toutes ces questions, on le voit, sont complexes. Y répondre par des formules toutes faites ; des formules apprises à l’école "de la république", des formules qui sont au fond propagande, c’est tromper tout le monde, y compris ceux qui croient s’être mis à l’abri de la tromperie en prenant la tête de ladite propagande. Le ciel tombe parfois sur la tête de ceux qui n’y croient pas. La démesure, le manque de sagesse, se retourne presque toujours, à moyen ou à long terme, contre celui qui en a manqué. Les Grecs parlaient d’hubris. Même de Gaulle, cet aristocrate démocrate en fit preuve et ne sut comment réagir en mai 68 devant le mouvement imprévu du demos. Il s’enfuit en Allemagne -pays qu’il haïssait sans pouvoir s’empêcher de l’admirer- et laissa son retors Pompidou, banquier et homme de lettres, se dépatouiller avec les huit millions de grévistes. Ne parlons pas de Mitterrand, ce plébéien des Charentes, pseudo écrivain, qui voulu être roi et qui le fut en faisant croire aux Français qu’il n’était que ce bon françois de la France profonde et paysanne. Oublions Staline, « petit père des peuples » qui eût dû s’efforcer d’être grand afin que son pays l’ait aussi été. Tirons notre chapeau à Hitler, ce grand démocrate qui eut le culot d’abolir la démocratie lorsqu’il apparut à tous qu’elle était devenue impuissante. Sa tyrannie fut appréciée, louée par les plus grands de son temps. Je ne cite personne mais suivez mon regard du côté de la philosophie, du droit et même du cinéma. Quelle conclusion tirer de ce bric-à-brac étymologico-historique ? Celle que je vous propose comme exercice d’imagination : Nous voici quelques dizaines rassemblés. L’heure est grave. Un danger menace notre pays, notre monde, notre société. Peu importe que ce danger soit imaginaire ou réel. On en est persuadé. Dans ce rassemblement de bons citoyens où la tension est vive, les angoisses fortes, émerge une personnalité plus solide, plus calme que les autres. Elle prend la tête du conseil, pose les bonnes questions, sollicite des réponses, encourage les plus capables comme les plus timorés à donner leur avis. Bref, par son aura, son charisme, son sens de la communication, sa connaissance des individus présents, sa force morale, est capable de faire émerger des idées intelligentes grâce auxquelles une solution sera trouvée. Que va devenir cette personnalité ? Va-t-elle se révéler démocrate ou démagogue ? Quelle vertu, quelle intelligence, quel talent, supposent l’un et l’autre rôle ?

Un démocrate au sens qu’on pourrait dire "égrégorique", fera abstraction de son moi, de sa personne, de ses opinions. Son rôle, c’est d’unir les intelligences et, en les confrontant les unes par les autres, faire jaillir l’Idée, la meilleure qui soit, faire apparaître un consensus sur lequel tout le monde ou presque, sera d’accord. Sur cent personnes, 60 sont pour, 20 n’en sont pas mais n’ont rien contre, 20 s’abstiennent. C’est la première étape : un accord équilibré pour agir semble être trouvé. Qui va le mettre en œuvre ? Le meilleur de tous évidemment, l’aristocrate, le kalos kagathos, le beau et bon comme disait le Grec. Lequel est spontanément reconnu par le groupe parce que c’est lui qui a dirigé l’action, conduit le débat qui a fait naître l’Idée, le consensus. Il ne peut pas refuser de prendre la tête sauf à se déconsidérer lui-même. Il doit donc endosser un nouveau moi, un moi groupe, le moi du groupe qui, pour les Anciens se confondait avec un esprit désincarné, une force invisible, un dieu, l’égrégore. Le chef donc, revêt cette nouvelle personnalité qui incarne la foule et, par cela, devient sacré. Tout au moins, il le fut autrefois. Aujourd’hui, il l’est toujours mais il ne le sait pas sauf s’il est un peu plus qu’intelligent. De Gaulle fut le corps de l’incarnation de cet esprit sans pour autant abdiquer le sien ce qui lui permit de diriger les Français et de les rendre, momentanément, conscients d’eux-mêmes et fiers d’êtres Français. Il suffit de le comparer avec sarko talonnettes au salon de l’agriculture pour se faire une idée du dépérissement de la fonction-présidentielle-royale. La consolation étant que les mauvais rois finissent souvent assassinés. C’est toujours par ce processus que les chefs se font connaître, en se faisant re-connaître par les autres comme les meilleurs, les optimi. Mais il arrive qu’un peuple méprisé élise un voyou à sa tête pour mieux se mépriser lui-même. Disons toutefois à sa décharge, que lorsqu’il n’y a que des voyous-candidats, c’est difficile de faire autrement. Peste ou choléra, ce n’est pas choisir, c’est choir.

Cela dit, il est aisé de comprendre ce qu’est un démagogue. C’est quelqu’un qui, ayant détecté les plus ambitieux du groupe, les manipule pour s’en faire des alliés et ainsi endosse le rôle du chef en phagocytant tous les autres. N’abdiquant en aucune façon son moi, il a l’hubris au contraire de l’insuffler à tous, à tous les faibles qui n’attendent que ça, qui ont besoin de ça pour se sentir forts. Hitler en fut. Mussolini aussi. Bonaparte. Bongo. Obama est un mélange des deux. Il a courageusement endossé le moi des Américains déboussolés, mais l’a aussitôt revendu à Wall Street et au CME, le complexe militaro-industriel. Ça lui causera des ennuis. Non directement de la part du complexe ou de la finance criminelle qui restent dans l’ombre et sont occultes, mais de ceux qui exploiteront le mécontentement populaire tout en étant plus démagogues que lui. Tout le monde ne peut pas se faire sacrer roi comme de Gaulle. Plus précisément, il y a des sacres négatifs. Louis XVI en fut un. Staline. Sharon. Hitler. Pinochet. Ils furent des rois sacrés par des forces de mort et non de vie. Certains y virent l’empreinte du diable. Excepté pour Pinochet puisque Jean Paul II le soutint.

Pourtant, le consensus trouvé, le chef qui l’incarne va-t-il tenir le temps qu’il faudra ? certains partisans du sacré ne vont-ils pas retourner leur veste ? prendre peur ? écouter le chant des sirènes ? Ne faudrait-il pas un consensus plus large et plus solide ? Un accord pratiquement total à 90% ? Peut-être. Mais dans la réalité cela n’arrive jamais, sauf en Françafrique. C’est pourquoi il faut un chef rude pour faire appliquer la décision à tous. Le groupe c’est bon pour trouver l’accord mais seul un individu peut le faire appliquer, c’est la complémentarité du législatif et de l’exécutif. A Rome il y avait deux consuls et des tribuns de la plèbe. César les fit disparaître. Cinq directeurs formaient le Directoire en 1799. Ils furent balayés par un certain Premier Consul. Dans l’Athènes démocratique commandait un seul stratège, à Paris règne un Sarko, à Washington BHO. On a beau chercher, il faut toujours une tête, même au Vatican où le collège des cardinaux a parait-il la prééminence, il faut un pape. Ne parlons pas de l’entreprise où la cogestion qu’on croyait au coin de la rue en 1968-70, sera pour le prochain millénaire. Et dans la famille me direz-vous ? − Dans la famille ? depuis l’annus horribilis 1975, le législateur a imposé le "droit parental". − Ah bon ? deux consuls en somme ? − Oui, c’est à peu près ça ! – Donc, si j’ai bien compris, il y en a un qui commande et l’autre qui ronge son frein ? −Vous avez deviné... − C’est donc partout l’autocratie, le totalitarisme ?... − Rien n’interdit de voir la chose ainsi. − Mais c’est catastrophique, moi qui croyais… − Qui croyais à quoi ? − Eh bien, à la démocratie, à la collégialité, à la convivialité… bref, à l’humanisme !… − Balivernes que tout cela mon ami. Dans les groupes, il y a toujours des dominés et des dominants. Le groupe commence à deux. Et quand dans un groupe de deux il n’y aucun chef désigné par la Loi, c’est toujours le plus fort et le plus malin qui triomphe, surtout s’il a le talent de se faire passer pour victime. Si bien que le chef existe mais occulte, souterrain, pervers. Il est le vrai démago, c’est-à-dire celui qui, dans l’ombre, corrompt le meilleur, le meilleur qui est en lui comme le meilleur qui est en l’autre. Si les dominants sont bons et pas (trop) malhonnêtes (ça arrive), les dominés n’ont pas de souci à se faire. Aurea mediocritas, la médiocrité c’est de l’or (pour être tranquille). Si en plus ils ne sont pas aveugles les dominés, c’est-à-dire finalement beaucoup plus intelligents qu’on ne le dit, ils se rendent bien compte que ça pourrait être pire avec d’autres soi-disant optimi. Le malheur c’est que les dominants sont des rapaces, presque inévitablement des fous, que donc, à la longue, ils provoquent la haine des dominés et les révolutions qui les chassent. Ainsi va le monde : de la corruption des meilleurs à l’explosion de colère des moins bons, du chef indigne au peuple berné. Tacite résume la chose avec son corruptio optimi pessima, la pire corruption, est celle du meilleur. Quand le meilleur cesse de l’être, survient la révolution. Le meilleur c’est bien sûr l’aristocrate au sens grec. Sorte d’Héraclès, il porte le monde sur son dos, il est toujours le responsable de la détérioration du bien. Le demos n’y est pour rien puisqu’il est conduit et le restera encore longtemps. Sic transit gloria mundi.

Cosette


 
P.S.

NOTES

(1) Toute cette abracadabrantesque histoire est racontée par Luciano Canfora dans son livre « La démocratie, histoire d’une idéologie », Seuil, 2006, page 22.

(2) Les thètes à Athènes étaient ceux qui ne possédaient rien et faisaient partie de la dernière classe du cens. Ils faisaient donc bien sûr partie de ce qu’on appelait dans sa totalité le demos.

(3) Citation (légèrement modifiée !) du journaliste Laurent Laplante dans « L’aut’Journal », du 29 novembre 2004.

 
 
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6 commentaires
  • L’histoire, fable convenue (4) 13 décembre 2009 17:05, par Sophophile

    Est-il sensé de penser que parce qu’une personne, un projet d’action ou un texte a recueilli au moins 50,001 % des voix des seuls votants pour ou contre, ce qui s’en suivra sera forcément bon pour l’intérêt général ?

    Alors qu’on constate quotidiennement le contraire !

    « L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle est approuvée par beaucoup »

    « Il n’y a aucune espèce d’estime à avoir pour ce qu’on appelle généralement la démocratie. D’abord parce qu’elle n’a jamais existé même pas chez les Grecs qui sont censés l’avoir inventée, ; ensuite parce que ce qui en tient lieu a aussi mis « démocratiquement » au pouvoir des dictateurs , des assassins, des prévaricateurs, des obsédés sexuels et/ou des débiles ; mais surtout parce que rien ne permet de prouver, après un score serré ou non, que l’option ou la personne qui l’emporte à la seule majorité des suffrages considérés comme valides s’avèrera la plus souhaitable et surtout la plus sage et altruiste pour l’intérêt général ».

    « Dès que nous disons le mot « démocratie » pour nommer notre mode de gouvernement qu’il soit américain, allemand ou français, nous mentons. La démocratie ne peut jamais être qu’une idée régulatrice, une belle idée dont nous baptisons promptement des pratiques très diverses. Nous en sommes loin, mais encore faut-il le savoir et le dire ….. » (Alain Etchegoyen)

    « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort, qu’ils ont forcément raison »

    « La dictature, c’est « Ferme ta gueule », la démocratie c’est « Cause toujours ». Autrement dit en 2009 : « Défoule-toi autant que tu veux sur les forums. Nous, les politiciens de droite comme de gauche, on continue comme avant. Et pas seulement à la buvette de l’Assemblée ou du Sénat »

    A défaut, instaurons au moins la cyberdémocratie, la votation à l’Helvétique, et la prise en compte du vote blanc dans le calcul du pourcentage et de la légitimité réelle de l’heureuse élue ou de l’heureux élu ou du texte ou de la décision.

    • L’histoire, fable convenue (4) 13 décembre 2009 21:52, par cosette

      Bonsoir,
      merci de votre message. Vous ne commentez, ni ne discutez ce que j’ai écrit mais exposez vos opinions, par ailleurs tout à fait respectables. Je vous en remercie.
      cosette

      • L’histoire, fable convenue (4) 14 décembre 2009 02:38, par larbi chelabi

        Il y a à l’évidence matière à réflexion. La démocratie reste, en effet, une affaire de mathématiques même si les principes de la bonne gouvernance s’en trouvent amochés par ceux là même qui en font leur Alpha et Oméga. On en arrive à accepter, le plus gracieusement du monde, à ce que la voix d’un sage équivaut celle d’un pauvre bougre. Il est vrai qu’il est difficile de dire qui est sage et qui est bougre. Ce qui facilite d’autant l’alignement du démos sur les objectifs de l’apprenti aristocrate qui aspire à le gouverner. Sinon comment comprendre que Bush ait réussi à faire deux mandats à la tête de la plus grande démocratie du monde ? Comment comprendre que Berlusconi, malgré les scandales à répétition qui ont émaillé sa vie politique, malgré son admiration déclarée pour El Duce, reste le premier ministre préféré des italiens ? Comment comprendre que la France ait jeté son dévolu sur un Rastignac qui pense incarner le nouveau Bonaparte alors qu’il ne partage avec l’homme du 18 Brumaire, ni le parcours, ni la grandeur. Tout au plus la hauteur, au sens mathématique du terme.

        Larbi Chelabi

  • L’histoire, fable convenue (4) 15 décembre 2009 17:22, par vieilledame

    votre propos repose sur une vision très pessimiste de l’humanité.
    Pourtant il existe aussi en nous souvent une aspiration à ce que la vie sociale soit plus juste, à ce que notre vie soit plus heureuse, à gagner notre vie sans la perdre.

    C’est vrai, nous nous faisons facilement manipuler, surtout avec la peur. (peur de l’autre, le "différent", peur du voisin, peur de perdre son boulot, peur de finir à la rue (en réalité un très faible pourcentage de gens en France par exemple vivent dans la rue)

    Peut-être les gens qui ont envie que l’humanité progresse devraient s’investir dans la dénonciation de ces manipulations, apprendre à leur entourage à décrypter les infos, apprendre aux enfants à repérer les "vérités" péremptoires que nous balancent les media que nous nous sentons obligé de regarder pour ne pas nous sentir trop seuls (autre peur que celle-là : la solitude, pour cause de pauvreté, de non conformisme...)...
    Apprendre à regarder sous quel angle on filme tel ou tel... quel temps de parole réelle on lui laisse...

    Je crois qu’une majorité d’entre nous a envie que l’humanité progresse, vers la paix et vers une forme de bonheur, mais affichent un réalisme et un pessimisme par peur (et oui, encore) d’être déçus. (une peur bien idiote, car les déceptions, on s’en remet...).

    Je pense qu’on peut commencer en exigeant de nos élus une complète transparence sur leurs comptes et même leur compte en banque. Et des carrières publiées sur internet, avec les décisions qu’ils ont voté, les commissions dans lesquelles ils se sont exprimés, les questions (si brillantes) qu’ils ont posé dans leurs instances (parlement, etc...). La question doit être : sont-ils vraiment au service du peuple, sont-ils au service d’une caste, d’une classe particulière, sont-ils sous la coupe des vrais puissants qui les manipulent comme des marionnettes ?
    Nous aurons alors de bonnes raisons de voter pour eux, pas des motivations irrationnelles du genre : "il va nous protéger" du méchant monde extérieur... "il va nous protéger" de la faillite... il va nous protéger de la "crise"...etc...
    La question à poser c’est : va-t-il (elle) contribuer à rendre le monde plus juste, la vie moins dure, le bonheur plus proche - et franchement, je crois que ce ne serait pas si difficile à appliquer qu’un tel programme, en amenant en douceur les 20 % des plus riches à renoncer à leurs privilèges, à leurs retraites pléthoriques, à leurs 3 maisons... On voit tellement de gens occupés à des boulots absurdes, comme persuader quelqu’un qu’il a besoin d’un nouveau truc alors que l’ancien marche très bien... etc...
    comme calculer l’usure d’un outil ménager pour obliger à le renouveler trop fréquemment... à calculer la rentabilité à court terme et oublier l’intelligence... comme fabriquer des armes... comme rapetasser des routes usées par des camions qui baladent en tous sens des marchandises qui pourraient peut-être rendre heureux les gens proches de ceux qui les produisent... comme ouvrir de gigantesques plaie dans la planète pour extraire à toute vitesse des matériaux précieux, dont nous ne devrions user qu’avec précaution, et en pensant toujours à leur futur (le plus lointain possible) recyclage...
    Bon d’accord, je délire ? jamais l’humanité ne sera raisonnable ? pourtant, j’en fais partie, de l’humanité, et j’ai envie d’être raisonnable, alors ?

    • L’histoire, fable convenue (4) 15 décembre 2009 21:29, par cosette

      Bonjour madame,
      et merci de vos remarques. Puis-je me permettre de vous faire remarquer que de dire à quelqu’un qu’il est pessimiste (que ce soit vrai ou faux) n’est pas de nature à l’encourager à changer !... c’est comme quand vous dites à votre ami : Tiens, tu as mauvaise mine ce matin ! au lieu de l’encourager à se reposer ou à raconter ce qui ne va pas !...
      C’est donc votre remarque qui est pessimiste bien que vous exposiez avec pertinence ce que que nous pourrions faire pour fairer avancer le monde dans la bonne direction.
      Vous êtes une femme, vous ne voulez pas perdre de temps avec les idées. Vous avez raison, il y en a tant et tant sont contradictoires. Mais se faire croire qu’on pourrait demander à nos députés de nous faire voir leur compte en banque est une idée bien utopique et donc aussi une perte de temps. Le monde a toujours changé par la violence puisque les dominants ne renoncent jamais à leurs avantages et qu’il faut les leur arracher. Ils sont imprévoyants, mais tant puis pour eux !
      cordialement
      cosette

      • L’histoire, fable convenue (4) 16 décembre 2009 15:26, par vieilledame

        Cosette, c’est le pseudo d’un homme ?
        où alors vous êtes une femme et vous pensez que les femmes auraient raison de refuser les "idées" ? fouououou !
        Je pense que toute personne de droite est pessimiste sur l’humanité, et il me semble que vous balançez des idées de droite, comme l’inutilité de la démocratie telle qu’elle est pratiquée actuellement (et pour les femmes, n’en parlons pas !)
        ce ne sont pas les "idées" en général que je refuse, ce sont "vos" idées !
        Il ne me semblait pas vous enfoncer dans votre pessimisme mais au contraire vous donner des raisons d’en sortir, à partir de ces désirs qui se trouvent dans une grande part de l’humanité : le bonheur, la justice, aimer et être aimé, comprendre l’univers, même si jusqu’à présent, nous nous sommes (nous autres humains) beaucoup égarés dans ces recherches...
        ça n’est pas une raison pour ne pas continuer à chercher.

 
 
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